P.S.: Je laisse la responsabilité de ses dires à l'auteur (NDLR)
Mais Macron, qui n’a jamais tenu un fusil de sa vie, veut la guerre pour faire oublier le désastre de sa politique et peut-être même pour s’accrocher au pouvoir.
Dernier président ayant l’expérience de la guerre, après avoir servi comme lieutenant en Algérie, Jacques Chirac savait bien que la guerre n’a rien d’une épopée romantique, où des héros pleins de panache se couvrent de gloire et d’honneurs, en collectionnant victoires, hauts faits d’armes, décorations et jolies femmes. La guerre, ce n’est en fait que sang, larmes, destructions et atrocités.
Remercions le pour nous avoir évité une énième expédition coloniale en Irak, laquelle s’est soldée par une terrible hécatombe et par l’émergence de l’Etat Islamique, ce monstre enfanté par les faucons du Pentagone, qui ont liquidé tous les autocrates du Moyen-Orient, lesquels étaient un rempart contre l’islamisme. Après avoir insulté et traîné la France dans la boue, bon nombre d’Américains ont fini par reconnaître que Chirac avait raison. Mais le mal était fait.
L’époque des héroïques charges napoléoniennes, quand les jeunes officiers hussards se glorifiaient de mourir sous le feu ennemi en ne dépassant pas l’âge trente ans, est révolue. Les glorieuses pages d’histoire ne s’écrivent plus en chargeant tambour battant sous la mitraille. Et la guerre " fraîche et joyeuse " menée la fleur au fusil, cela ne subsiste plus que chez quelques esprits illuminés, totalement inconscients des horreurs de la guerre.
C’est pourquoi je considère que la désinvolture avec laquelle Macron évoque l’envoi de troupes en Ukraine ou propose le partage de notre dissuasion nucléaire, relève au mieux d’une immaturité inquiétante, au pire de la psychiatrie.
Là où il nous faudrait la sagesse et l’expérience d’un Chirac, avare du sang de ses soldats, nous avons un immature et narcissique va-t-en-guerre, qui se refait une santé sur le dos du peuple ukrainien, en dramatisant la situation et en surfant sur la peur de l’Ours russe, avide de conquêtes. Loin de rassurer et de protéger les Français, Macron leur fait peur et leur ment, en prenant un ton martial à 180° des négociations de paix que veulent imposer Poutine et Trump.
Gesticulations tous azimuts, réunions d’urgence et apparitions télévisées précipitées, sont devenues notre lot quotidien. Pour reprendre la main après le désastre de sa dissolution kamikaze, Macron ne parle plus de négociations ni de paix, mais seulement de réarmement et de poursuite de la guerre sans l’Amérique. Il se pose en rempart contre les imaginaires visées impérialistes de Moscou. C’est l’hystérie collective en Europe, où la russophobie ne donne plus aucune chance à la paix.
Nombreux sont les Français qui se laissent berner par cette atmosphère guerrière et cette fable de l’ogre russe prêt à tout dévorer. Une majorité adhère au discours de Macron. Parler de paix, c’est véhiculer un esprit munichois et afficher une forme de lâcheté face à Moscou. Pour un président qui se couche depuis huit ans devant Alger ou devant les racailles des cités, cette posture déterminée et fanfaronne ne manque pas de sel.
Selon un sondage Odoxa pour le Figaro:
65% des sondés sont d’accord pour envoyer des soldats de la paix en Ukraine
64% adhèrent à l’idée de partager notre parapluie nucléaire avec nos voisins
62% sont prêts à confisquer les 210 milliards d’avoirs russes pour armer l’Ukraine
Mais cela dit, 74% refusent que nos soldats aillent combattre la Russie aux côtés des Ukrainiens
Ce sondage illustre évidemment la parfaite ignorance du peuple sur la réalité de la situation. Macron le sait et en abuse, surfant sur la peur de ce peuple qu’il devrait rassurer.
Les Français ne veulent pas mourir pour l’Ukraine, mais ils acceptent le risque d’une riposte nucléaire ennemie, pour défendre un pays voisin dont les intérêts vitaux ne sont pas les nôtres. Comprenne qui pourra.
La seule parole sage qu’on a entendue ces derniers jours a été prononcée par Donald Trump, qui recadrait le belliqueux Zelensky dans le Bureau ovale.
“Vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec la Troisième Guerre mondiale”
Le drame est que la question ukrainienne sert les intérêts des leaders européens, qui affichent un bilan des plus calamiteux en termes de croissance, d’immigration incontrôlée et d’insécurité exponentielle.
Quoi de plus porteur pour ressouder une Europe divisée, que d’agiter le spectre d’une bonne guerre fraîche et joyeuse contre l’Ours russe, qu’on accuse des pires intentions vis à vis de l’UE? Quoi de plus porteur qu’une guerre pour fédérer des pays qui regrettent d’avoir délégué leur souveraineté à Bruxelles?
Quand Marine déclare que c’est le retour des nations, elle se trompe. Bien au contraire, Ursula von der Leyen se réjouit du réarmement européen qui va renforcer le fédéralisme face aux Etats-nations et aux souverainistes. Les nostalgiques du gaullisme et de l’indépendance nationale, sont les grands perdants de ces délires guerriers.
DELABREMENT DE NOS FORCES ARMEES
En armant l’Ukraine, nous avons liquidé 25% de notre artillerie et épuisé nos stocks de munitions et de missiles. Notre pauvre armée de 200 000 soldats serait bien en peine d’aligner 20 000 combattants sur la durée.
De mon temps, l’armée comprenait 500 000 soldats, alignait 450 avions de combat, deux porte-avions et de nombreux blindés. De cette armée de première catégorie, il ne subsiste que la force nucléaire, aérienne et navale, ainsi que 200 000 soldats sous équipés et sous-entraînés.
Le général de Villiers nous disait qu’avec 5 000 soldats engagés au Sahel depuis 2013, l’armée française était "à l’os". Cela signifie que les jeunes soldats opéraient sur des véhicules blindés vieux de quarante ans, sur les mêmes matériels que leurs pères avaient connus une génération plus tôt. Cela signifie que pour faire réparer un hélicoptère en panne, il fallait en cannibaliser un autre, déjà immobilisé faute de pièces de rechange. Cela signifie que les relèves et les périodes d’entraînement des soldats sont de plus en plus compliquées à programmer. Même contre une armée de va-nu-pieds sans armes lourdes, ni avions, ni missiles, nous étions au taquet, dépendant du renseignement fourni par les Américains. Par conséquent, face à la meilleure armée du monde pouvant aligner 20 millions de combattants, je vois mal l’UE jouer les Rambo.
Pour conclure, il est clair que notre armée, contrairement à ce que laisse entendre Macron, est inapte à mener une guerre de haute intensité. Kiev sacrifie 2 000 soldats par jour, tués ou blessés. Combien de Français le savent, étant donné qu’on leur dit que seuls les Russes subissent des pertes colossales.
Cette armée russe, dont tout le monde se moquait en 2022, a acquis en un temps record une expérience de la guerre que les Occidentaux n’ont pas. Il faudra des années pour combler notre retard. Et pour attirer les meilleurs, il faudra revaloriser la condition militaire.
(..)
Rappelons aussi à tous ceux qui affirment que le front est figé et que ni l’un ni l’autre des belligérants ne l’emporte, rappelons qu’une suite de combats urbains ne se mène pas au rythme d’une charge de cavalerie. Les villages se prennent rue par rue, maison par maison. C’est donc très long et épuisant pour les deux camps. Mais, à ma connaissance, c’est toujours la Russie qui occupe 20% du territoire ukrainien et non l’inverse. Quant aux 1000 km2 de territoire russe, occupés témérairement par les Ukrainiens dans la région de Koursk, ils se sont réduits à 300 km2 sous la lente poussée russe. 60 000 soldats ukrainiens sont morts ou ont été blessés dans cette aventure perdue d’avance. Les 6 000 rescapés sont encerclés et la débandade est proche. On voit bien que ce ne sont pas les fils de nos va-t-en-guerre qu’on envoie au massacre. Refrain connu…
Mais qui a déjà entendu Macron déplorer l’hécatombe? Seul Trump s’en préoccupe.
Cela dit, et fort heureusement, nous n’avons pas que des têtes brûlées prêtes à charger sabre au clair parmi nos généraux. En voici quelques uns qui savent de quoi ils parlent:
https://edition.francesoir.fr/opinions-tribunes-politique-france/l-armee-francaise-en-crise-critiques-des-generaux-faugeres-et
Macron, qui a tout raté depuis huit ans, va entretenir ce climat guerrier le plus longtemps possible en surfant sur l’ignorance du peuple, qui s’est laissé entraîner dans une guerre qui n’est pas la sienne, mais que nos élites ont allègrement trompé et biberonné au discours russophobe otanien depuis trois ans.
Retournant sa veste au gré des événements, celui qui ne voulait pas humilier la Russie en 2022, se pose aujourd’hui en chef de guerre face à la " menace russe " dans le seul but de reprendre la main et de soigner sa popularité. C’est le même qui parlait de paix avec Poutine, tout en livrant dans son dos des canons Caesar à Zelensky. C’est cela la magie du "en même temps". Le Tsar refuse depuis de lui parler, on sait pourquoi.
Mais si Trump et Poutine parviennent à faire la paix malgré la russophobie ambiante, on pourra dire qu’elle s’est conclue sans Macron et sans l’Europe.
Enfin, je termine en invitant Macron à défendre avant tout les Français, menacés dans leur quotidien par 3 000 agressions gratuites par jour, dont 1000 déclarées, et par un islamisme conquérant de plus en plus violent qui entend prendre le pouvoir par la terreur et la multiplication des attentats. Car au vu de l’énergie qu’il déploie pour l’Ukraine et du désintérêt qu’il affiche pour la sécurité et le devenir des Français, on se demande si notre Président est au service de son peuple ou bien du peuple ukrainien.
Jacques Guillemain
P.S.: Je laisse la responsabilité de ses dires à l'auteur (NDLR)