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opinions

  • La culture générale n’est pas un luxe

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    C'est elle qui inscrit l'homme dans une communauté, dans le temps comme dans l'espace.

    La récente présentation par le commissaire au Plan, Clément Beaune, de deux notes à la ministre de l’Éducation nationale, avait quelque chose d’ahurissant. Non par ses constats sur la chute du niveau scolaire, qui n’ont surpris personne; mais par l’une de ses conclusions: "À ce stade, la baisse du niveau depuis une trentaine d’années ne s’est pas traduite par une baisse de compétence des adultes".

    Où l’on voit que l’ancien ministre n’a jamais mis les pieds dans une entreprise et qu’il n’a pas assez fréquenté les bancs des députés: dans l’un et l’autre cas, il aurait eu tout loisir de constater à quel point cet effondrement scolaire a “ruisselé” sur les adultes, notamment par une maîtrise de plus en plus aléatoire du français et une dégringolade de la culture générale – le contraire, au demeurant, aurait tenu du miracle.

    UN GACHIS SOCIAL

    Si le gâchis social que constitue cet affaissement des compétences est évident, on s’attardera en revanche sur le cas de la culture générale, tant celle-ci reste pour certains une cerise sur le gâteau sans laquelle on vivrait tout aussi bien – quand elle n’est pas décrite, notamment par nos amis wokistes, comme un luxe bourgeois, pur instrument de discrimination sociale. Que cette idée soit si répandue est une preuve en soi de la faillite du système scolaire, qui non seulement ne parvient plus à transmettre les humanités mais a échoué même à en faire voir l’absolue nécessité.

    Que ce beau terme d’humanités, qui disait tout, soit tombé en désuétude, résume bien la crise que nous traversons. Il faut redire ici la splendide formule de Jean-Paul II: " L’homme vit d’une vie vraiment humaine grâce à la culture". Car si l’homme est un animal social, comme on le sait depuis Aristote, c’est bien la culture qui avant tout le relie aux autres et lui permet de développer cette “vie vraiment humaine” sans laquelle il ne serait pas grand-chose de plus qu’un tube digestif pensant, ce "gros animal" dont parlait Platon, tout entier soumis à ses appétits terrestres.

    L’HOMME DE CULTURE N’EST JAMAIS SEUL

    La culture, c’est ce qui nous relie aux autres, ce qui nous permet d’accomplir notre nature d’animal social, dans l’espace et dans le temps. Dans le temps, car la culture est ce lien entre les générations qui nous permet de dépasser la furtivité de notre passage terrestre pour nous inscrire dans l’histoire. L’homme de culture n’est jamais seul; une foule d’ombres mortes l’accompagne, qui sont pour lui bien vivantes, une foule d’êtres encore à venir l’attend.

    Pas de sens de la communauté possible sans ce ciment qui crée un sentiment d’appartenance par tout un réseau de références communes.

    Par ce " colloque avec les morts " qu’est la culture, selon la belle expression de Michel De Jaeghere, nous pouvons dialoguer avec Montaigne et Chateaubriand comme s’ils étaient des amis proches: ils sont des amis proches, qui nourrissent nos rêves, nos réflexions, nous poussent dans nos retranchements et nous entraînent au-delà de nous-mêmes. Avec eux, grâce à eux, nous entretenons cette flamme qui se transmet de génération en génération et préparons à ceux qui viendront après nous un trésor inestimable; et c’est juchés sur nos épaules, comme disait Bernard de Chartres, qu’ils pourront porter leur regard plus loin que nous n’avons pu le faire.

    UN LIEN AVEC NOS CONTEMPORAINS

    Dans l’espace: car la culture, c’est aussi ce qui nous relie à nos contemporains. Pas de sens de la communauté possible sans ce ciment qui crée un sentiment d’appartenance par tout un réseau de références communes, de prédilections partagées, par un vaste substrat de goûts et de sensibilités communs forgés par des siècles de culture partagée. Ce rôle fédérateur est bien incarné par l’Odyssée d’Homère, dont Victor Bérard a pu dire qu’elle était " pour les Grecs de l’époque classique […] le livre national par excellence, une sorte de Bible " – les Fables de La Fontaine ont longtemps joué le même rôle en France.

    On trouvera chez Jane Austen, dans Mansfield Park, un dialogue où deux personnages constatent que chacun de leurs compatriotes " apprend à connaître Shakespeare sans bien savoir comment. Il fait partie du tempérament de tout Anglais ", jusqu’à forger une sorte de langage commun. C’est le splendide paradoxe de la culture: c’est par le biais de ces témoins surgis du passé que, sachant qui nous sommes, nous pouvons entrer dans une relation véritable et profonde avec nos contemporains.

    Par Laurent Dandrieu

  • Quand LFI rêve de crucifier l’enseignement catholique

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    Photo: la fusée à Toulouse

    La France n’a pas contracté de dette entre 1958 et 1974 sauf avec l’accident de 1968 pour un déficit de 1%. L’endettement a commencé en 74 avec le centriste Giscard d’Estaing pour un déficit de 1,5%. L’accélération de la dette a commencé en 1981 avec les 35 heures et un déficit de 3,5% de 1981 à 1995.

    De 1950 à 1968, le temps de travail annuel était de 1900 heures. Depuis il n’a cessé de chuter, passant à 1800 heures en 1970, à 1580 heures  en 1981, puis à 1400 heures depuis l’an 2000.

    Le travail hebdomadaire est passé de 47 h en 1970 à 36 h de nos jours.

    La richesse créée par le travail des Boomers a permis d’industrialiser la France.

    1945 à 1960: la France a construit 120 grands barrages hydroélectriques.

    Entre 1960 et 1970, la France a engagé et construit 50 réacteurs nucléaires et, depuis les années 1980, la France est devenue résolument antinucléaire.

    Entre parenthèses, Macron a fermé 2 centrales nucléaires et, en même temps, 156 barrages ont été déconstruits sur ordre de l’Europe pour permettre le retour des poissons migrateurs.

    En 1962, la France a lancé le programme Concorde et celui-ci a décollé pour la première fois à Toulouse en 1969. NDLR: je l'ai vu, je suis née et habite Toulouse

    EN 1960, la France a lancé son programme spatial. Avec la fusée diamant et un satellite baptisé Astérix, le premier tir a eu lieu en 1965.

    Pour créer ces richesses, les Boomers ont beaucoup et durement travaillé. Dans les années 1970 à 1980, il y avait 80 morts d’accidents du travail par million de salariés, aujourd’hui c’est 30 par million.

    À l’époque, pour se rendre au travail, c’était au mieux la 2 chevaux, mais le plus souvent le vélo (non électrique), la marche à pied ou des transports en commun, rares et inconfortables.

    Dans les années 70, il n’y avait que 3 lignes de retenue sur la fiche de paye. Sur un salaire brut de 1350 francs, le salaire net était de 1235 francs et 115 francs de retenue. On ne nourrissait pas des crasseux à ne rien faire. Les hippies se démerdaient sans aide sociale.

    Aujourd’hui sur un salaire brut de 1350 euros, le salaire net est de 1047 euros, retenue 303 euros, et le coût pour l’employeur de 1414 euros.

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  • Signature de l’accord UE-Mercosur:

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    CLAP DE FIN POUR L’AGRICULTURE FRANÇAISE,

    La signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, prévue initialement pour le 20 décembre 2025, a été reportée au 12 janvier 2026. Ce report, annoncé par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, intervient après une semaine de tensions intenses, marquée par la mobilisation massive des agriculteurs européens et les divisions au sein des États membres de l’UE.

    La possibilité d’une " minorité de blocage " (au moins quatre pays sur les 27 et au moins 35% de la population de l’Union) n’a été qu’un attrape-gogos

    La Commission a en effet scindé le traité en deux: la partie commerciale pure (compétence exclusive de l’UE) ne nécessite pas la ratification des parlements nationaux, seulement l’approbation du Conseil de l’UE à la majorité qualifiée et du Parlement européen. Ce n’est que la partie mixte (environnement, droits humains, etc.) qui nécessite la ratification par chaque État membre, offrant ainsi une possibilité de blocage.

    Commercialement, les choses sont donc pliées: l’accord avec le Mercosur s’appliquera le 12 janvier à tous les États membres de l’UE, qu’ils soient d’accord ou pas

    LA PRESSION DES AGRICULTEURS, MOTEUR DU REPORT

    Jusqu’où les agriculteurs seront-ils prêts à aller, On a vu jusqu’où le pouvoir était capable d’aller, avec le dispositif policier impressionnant – véhicules Centaure, hélicoptères, gendarmes-robocop – dans l’Ariège. De nombreux gendarmes ont exprimé leur écœurement devant cette débauche de moyens répressifs "contre des frères, des cousins"

    Des milliers d’agriculteurs, venus de toute l’Europe, ont convergé vers Bruxelles pour exprimer leur opposition au traité. Ils dénoncent une concurrence déloyale, craignant que l’accord n’ouvre les portes du marché européen à des produits sud-américains (viande bovine, sucre, riz, miel, soja) ne respectant pas les mêmes normes sanitaires, environnementales et sociales qu’en Europe. Les syndicats agricoles ont appelé à maintenir la mobilisation, estimant que le report n’est qu’un "sursis" et non une victoire définitive".

    Cet accord n’est pas un bon accord ", insiste-t-on du côté des syndicats, qui soulignent que la position des agriculteurs resterait inchangée en janvier.

    Beaucoup d’agriculteurs n’ont plus rien à perdre et seront sans doute tenter de jouer leur va-tout.

    LES VOLTE-FACE D’EMMANUEL MACRON

    Emmanuel Macron, initialement perçu comme favorable à l’accord, a durci sa position sous la pression des manifestations. Il a réaffirmé à plusieurs reprises que " le compte n’y était pas" pour la France, exigeant des garanties supplémentaires pour protéger les agriculteurs français. Cette posture fluctuante a exaspéré les syndicats qui y voient une manœuvre politique, Macron ayant attendu la veille de la signature pour s’opposer publiquement au traité.

    "Il y a quand même un problème de timing", a pointé François Walraet, secrétaire général de la Coordination rurale, remettant en cause la sincérité du président français.

    LE ROLE CENTRAL D’URSULA VON DER LEYEN, AGENT DES INTERETS ALLEMANDS

    Ursula von der Leyen, déterminée à conclure l’accord avant la fin de l’année, a dû reculer face à l’opposition d’une minorité de blocage formée par la France, l’Italie, la Pologne et d’autres pays. Elle espérait parapher le traité lors du sommet du Mercosur à Foz do Iguaçu, mais l’absence de majorité qualifiée parmi les États membres l’en a empêchée. La présidente de la Commission a finalement annoncé le report au 12 janvier. Certains diplomates européens ont dénoncé un " coup de force " de sa part, soulignant qu’elle avait tenté de faire passer l’accord malgré les réticences de nombreux pays

    L’INFLUENCE DU PATRONAT ALLEMAND

    L’Allemagne, par la voix de son chancelier Friedrich Merz, a joué un rôle clé dans la promotion de l’accord, y voyant une opportunité d’écouler ses voitures et machines-outils vers l’Amérique latine. Le patronat allemand, soutenu par l’Espagne, a exercé une pression " intensive " sur ses partenaires pour accélérer la signature. Le report n’est qu’une " défaite " en trompe-l’œil pour Berlin, puisque le traité sera quoi qu’il en soit signé le 12 janvier. Macron sait très bien que la puissance économique européenne est détenue par l’Allemagne et que la France n’a plus son mot à dire.

    "Nous avons réalisé une avancée décisive qui ouvre la voie à la conclusion de l’accord avec le Mercosur en janvier", a expliqué Ursula von der Leyen aux journalistes ce vendredi, ajoutant que "quelques semaines supplémentaires" étaient nécessaires pour résoudre les questions en suspens avec les États membres de l’UE.

    L’accord est en cours de négociation depuis 1999 et devait être finalisé ce samedi 20 décembre lors du sommet du Mercosur qui se tient cette semaine à Foz do Iguaçu, au Brésil. La France et l’Italie ont fait échouer l’accord au sommet européen en demandant des reports et des filets de sécurité supplémentaires pour les agriculteurs. Il s’agit d’un jeu de dupes, chacun sait que l’accord sera finalement signé, sauf insurrection du monde agricole.

    Le président français s’est montré plus prudent, déclarant vendredi matin qu’il ne savait pas si ce report serait suffisant pour répondre aux exigences de la France. Une position d’une incroyable duplicité. Le président français sait parfaitement qu’il est dans la logique de l’UE sous domination allemande de faire de la place pour les produits agricoles du Mercosur.

    OBJECTIF DU POUVOIR: peparer le marche français au deferlement des produits agricoles venant du mercosur

    L’accord UE-Mercosur est une menace mortelle pour les filières bovine et ovine françaises, car il prévoit un accès accru au marché européen pour la viande sud-américaine (notamment bovine) moins chère – mais ne respectant pas les normes hygiéniques et sanitaires imposées aux éleveurs français. La baisse structurelle du cheptel européen facilite mécaniquement les importations de viande étrangère, y compris du Mercosur.

    La Commission européenne a proposé en septembre 2025 un "suivi renforcé" pour des produits agricoles sensibles (viande bovine, volaille, etc.), avec des mécanismes de sauvegarde en cas de déstabilisation du marché. Ce dispositif vise à rassurer – faussement – les agriculteurs.

    Syndicats et interprofessions (comme Interbev) s’opposent fermement à l’accord UE-Mercosur, arguant que la décapitalisation actuelle affaiblit déjà la souveraineté alimentaire et rend les filières plus vulnérables aux importations. Une baisse de 20% du cheptel-mère bovin d’ici 2030 est évoquée, avec des conséquences désastreuses sur les campagnes françaises.

     

    Henri Dubost