Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Histoire - Page 5

  • Églises, monastères: le silence des pierres

    Imprimer

    devient un hurlement devant leur mort

    Quel homme politique au pouvoir, Président, ministre, député, sénateur, maire, conseiller régional… tirera enfin la sonnette d’alarme sur les atteintes quotidiennes et graves à notre patrimoine religieux sans craindre de dire des vérités qui fâchent?

    LA DERNIERE EN DATE

    L’ancien monastère de la chartreuse du Mont-Dieu, dans les Ardennes, véritable trésor du patrimoine, a été ravagé par les flammes. La cause de l’incendie n’est pas encore connue.

    Source twitter.

    Ce que nombre de Français et de politiques ne comprennent pas – et je ne parlerai pas des imbéciles de la Libre Pensée qui passent leur temps à essayer de chasser la moindre statue chrétienne ayant quelques centimètres sur la voie publique – c’est que les monuments religieux ne sont pas que religieux – ils le sont d’ailleurs en général fort peu, à présent – mais ils nous parlent de notre histoire, de nos ancêtres, des croyances de ces derniers, ils sont aussi le témoignage de la foi du charbonnier, bien plus respectable que celle devant laquelle certains voudraient qu’on se mît à 4 pattes.

    Oui il se passe quelque chose de grave en France, en plus du reste – et il y a à mon avis comme un rapport – l’image d’Épinal, on dirait à présent une carte postale pour représenter la France qui ne va bientôt n’exister que dans des photos.

    Au centre, une image d’Épinal, la vraie.

    Violation et destruction rampante du patrimoine religieux en France

    La France, pays de villages aux clochers fiers, de monastères posés dans la vallée, de statues sculptées par des générations, assiste aujourd’hui à une lente mais inexorable érosion de son patrimoine religieux – non seulement par le temps et l’abandon, mais par des actes volontaires de vandalisme, d’incendie, de vol. Et derrière ce phénomène se profile un malaise qui dépasse la seule question patrimoniale: celui d’un pays qui semble oublier sa mémoire… ou plutôt que d’aucuns voudraient qu’il l’oubliât…

    Non, je n’exagère pas. Vous voulez des chiffres?

    – Le bilan du ministère de la Culture pour 2013-2023 recense 193 sinistres sur les monuments historiques (dont beaucoup d’édifices religieux): 119 incendies ou feux, soit 61% des cas;

     

    – Entre 2015 et 2023, 274 édifices cultuels ont été désacralisés dans 87 diocèses. Actuellement, 1 679 bâtiments religieux sont fermés à l’année;

    – 2024, près de 50 tentatives ou incendies d’églises ont été recensés, contre 38 en 2023: une hausse de plus de 30%.

    Lire la suite

  • La dette française: otage des fonds étrangers et des paradis fiscaux

    Imprimer

    "Un pays qui emprunte à l’étranger renonce à une partie de sa liberté. La dette, c’est comme une chaîne: plus elle est lourde, moins vous pouvez bouger". Charles de Gaulle (1965)

    Les rapports entre les relations financières et diplomatiques ont fait l’objet de nombreuses études historiques. Mais curieusement, les études académiques sont quasi inexistantes en ce qui concerne l’impact géopolitique de de la détention de la dette souveraine française, alors même que les indicateurs financiers de notre pays se détériorer de manière continue, notamment ces 8 dernières années, ce que traduit  la dégradation régulière de la note de la France par les agences de notation. Au 1er trimestre 2025, la dette de l’État détenue par des créanciers étrangers représentait 55% d’ une dette totale de l’État de 3 368,5 Mds d’euros soit 114% du PIB.

    Cette absence peut s’expliquer par l’opacité des données sur l’identité des détenteurs étrangers de cette dette, pourtant exceptionnellement élevée au regard des autres pays. Cette opacité des données contraint à formuler des hypothèses qui méritent d’être recoupées. Mais cela n’interdit pas de proposer des réajustements de nature à restaurer la souveraineté financière de la France.

    1- La part de la  dette de l’État détenue par des créanciers étrangers est particulièrement élevée en France

    La structure de la dette de l’État français vis-à-vis de l’étranger est un sujet opaque: les sources officielles sont rares et incomplètes.

    La commission des finances et de l’économie de l’Assemblée nationale a rendu le 29 mai 2024 un rapport d’information sur la détention de la dette de l’État par des résidents étrangers. Bien qu’elle  se soit heurtée à la mauvaise volonté des services du ministère des Finances et à l’arrogance du ministre délégué macronien Thomas Cazenave, il est possible d’en tirer des conclusions utiles. La question de la dette détenue par des non-résidents avait aussi été évoquée dans le rapport d’information du Sénat relatif à la dette publique du 23 juin 2020. Ces informations peuvent être complétées grâce à deux notes de l’IFRAP de novembre 2023 et juin 2024.

    Lire la suite

  • Petit éloge du passé

    Imprimer

    Comme le disait Faulkner, "le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé". Il est même, d'une certaine façon, notre avenir.

    Sous l’appellation de "provincialisme du temps", je vous parlais il y a quelques semaines de cette manie progressiste de regarder avec condescendance les époques qui nous ont précédés, vues comme des périodes archaïques et rétrogrades, n’ayant pas eu la chance de jouir des trésors de sagesse que la nôtre s’enorgueillit d’avoir produits, et de ses merveilleuses valeurs d’inclusion et de diversité, entre autres prodiges.

    Au rebours de cette lubie vaniteuse, le conservateur, lui, entretient avec le passé un rapport de gratitude, conscient de ce qu’il doit aux générations qui ont accumulé pour lui des trésors inestimables. " Qu’admirons-nous aujourd’hui dans le monde qui n’ait été édifié, peint, sculpté, ciselé par ceux-là mêmes dont les Modernes ont revendiqué haut et fort ne pas être les héritiers? ", s’interroge la philosophe Françoise Bonardel dans son bel essai Des héritiers sans passé (Les Éditions de la Transparence, 2010).

    UN LABEUR D’UNIFORMISATION GENERALISEE

    En réalité, notre époque est si peu sûre de pouvoir égaler sur ce plan les siècles passés que la simple mention d’un “geste architectural contemporain” suffit, comme ce fut pour la restauration de la flèche de Notre-Dame de Paris, ou plus récemment pour le projet de pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale, à déclencher une levée de boucliers – bien souvent à juste titre.

    C’est ce que soulignait déjà Claude Lévi-Strauss dans une conférence prononcée à l’Unesco le 22 mars 1971, où il reprochait à la mondialisation, dans son labeur d’uniformisation généralisée, de détruire "ces vieux particularismes auxquels revient l’honneur d’avoir créé des valeurs esthétiques et spirituelles qui donnent son prix à la vie et que nous recueillons précieusement dans les bibliothèques et dans les musées parce que nous nous sentons de moins en moins certains d’être capables d’en produire d’aussi évidentes".

    LE PASSE EST UN ADN

    Mais l’attachement que nous devons avoir pour le passé ne saurait être que patrimonial. Le passé n’est pas pour nous un musée où nous irions trouver le souvenir de ce que nous fûmes, quelques grandes réussites artistiques révolues que nous admirerions avec nostalgie. Le passé n’est pas une nostalgie, c’est un ADN, qui aujourd’hui encore nous définit et nous guide. Ce n’est pas une chose morte, c’est la sève qui nous permet de croître, le sang qui coule dans nos veines et nous permet de perpétuer le génie de notre civilisation.

    Simone Weil a dit superbement cette nécessité de se nourrir de notre passé, si nous voulons faire de grandes choses à l’avenir.

    Ce n’est pas un cimetière d’idées révolues et de héros défunts, c’est la nourriture qui, assimilée à nos vies, nous permet de créer à notre tour des choses dignes de ceux qui nous ont précédés. Si trop souvent, nous nous en sentons incapables, si l’architecture contemporaine est souvent si laide et l’art contemporain si grotesque, c’est parce que nous nous obstinons à vouloir créer à partir de rien et que, tournant le dos au passé et à notre tradition, c’est à nous-mêmes que nous tournons le dos. Que la création contemporaine, trop souvent, ne dit rien de ce que nous sommes, parce qu’elle en est la négation.

    LE PASSE EST UN BESOIN VITAL

    Dans son maître livre l’Enracinement, Simone Weil a dit superbement cette nécessité de se nourrir de notre passé, si nous voulons faire de grandes choses à l’avenir: "Il serait vain de se détourner du passé pour ne penser qu’à l’avenir. C’est une illusion dangereuse de croire qu’il y ait même là une possibilité. L’opposition entre l’avenir et le passé est absurde. L’avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien; c’est nous qui pour le construire devons tout lui donner, lui donner notre vie elle-même. Mais pour donner, il faut posséder, et nous ne possédons d’autre vie, d’autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés par nous. De tous les besoins de l’âme humaine, il n’y en a pas de plus vital que le passé".

    Le drame de notre époque est qu’elle s’emploie avec acharnement soit à le détruire, soit à le muséifier – c’est-à-dire à le dévitaliser. Or, si le passé ne passe jamais de lui-même, il est en revanche facile à détruire, en tout cas dans ses signes visibles. Simone Weil, encore, nous en prévient : "Le passé détruit ne revient jamais plus. La destruction du passé est peut-être le plus grand crime. Aujourd’hui, la conservation du peu qui reste devrait devenir presque une idée fixe".

    C’est en tout cas la nôtre.

    Laurent Dandrieu