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Droit - Page 3

  • Contre les squatteurs, installez des ruches dissuasives dans votre jardin…

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    Sujet récurrent dans notre société, les squatteurs et les turpitudes qu’ils nous imposent: chaque semaine les médias nous abreuvent d’histoires de vilains propriétaires qui coupables d’avoir payé, remboursé à la sueur de leur front pendant 20 ans le crédit d’une maison, résidence secondaire ou PIRE encore d’un bien destiné à la location, subissent la présence souvent violente de gens outrageusement protégés par nos " autorités " et forces de l’ordre par la simple justification qu’eux (les squatteurs) ne possèdent rien… faute d’avoir gagné de quoi se payer un toit.

    Chaque semaine, le même constat s’impose, les parquets renvoient ces vilains propriétaires capitalistes parfois même exploiteurs car ayant eu l’outrecuidance d’avoir osé demander un loyer à leurs propres turpitudes.

    On peut à ce stade constater tout de même que les parquets font une certaine discrimination et que les squatteurs s’attaquent souvent aux plus faibles des "capitalistes".

    Allez squatter une grande villa du bord de mer ou de riches quartiers parisiens et vous verrez fissa rappliquer les pandores de la nécessité de mettre fin à ce trouble grave de l’ordre public.

    Par contre, si vous êtes vieux, malade, vivant seul, sortant de l’hôpital ou pire étant à l’hôpital et ayant un animal de compagnie seul à la maison par exemple, victime d’un problème d’alcool et ayant besoin de soins (c’est une maladie) ou encore sortant de détention ou de psychiatrie (cela peut arriver à n’importe qui pour des motifs idéologiques notamment), le parquet n’aura aucune espèce d’empathie pour vous et classera votre plainte sans suite.

    Les hôpitaux fourmillent de rats d’hôpital, lesquels s’attaquent à des personnes âgées souvent en rupture ou éloignées de leur famille.

    Les audiences du juge de la liberté et de la détention sont souvent et notamment en matière de psychiatrie l’occasion pour une personne qui n’a finalement pas grand-chose à se reprocher (en tout cas pas assez pour être poursuivie devant le tribunal correctionnel) de s’expliquer sur ses propos écrits ou oraux pour rétablir une vérité que les magistrats ne lisent que rarement: faite l’expérience de menacer quelqu’un de lui faire un procès en bonne et due forme et vous vous retrouverez souvent avec une accusation de menaces de mort sur le dos.

    (Bon! Rassurez-vous, de plus en plus on ne met plus en psychiatrie que les djihadistes et on laisse ceux qui ont vraiment besoins de soins dehors).

    Quand vous sortez d’une longue hospitalisation (pour une covid par exemple!), de détention suite à un accident de la vie (routier notamment), ou même que vous avez passé 14 jours sous médocs pour avoir dit à un fonctionnaire d’un organisme de contrôle que vous alliez faire un recours au tribunal administratif et que vous n’avez pas de famille ou de conjoint qui vous épaule (ou pire qui vous tourne le dos pour l’occasion), vous avez beau être "libre", vous êtes à terre socialement, économiquement.

    Si vous avez en plus la faute morale d’être propriétaire, des tas de gens malveillants sont à l’affût pour profiter de vous.

    Le dernier degré de la bassesse du vilain Thénardier que vous êtes serait même d’accepter que la personne soit invitée par vous-même à s’installer chez vous.

    Comment résister à la demande d’une pauvre (et jolie!) jeune femme enceinte qui s’est fait répudier par son géniteur… géniteur qui rapplique bien entendu une fois qu’elle est dans vos murs?

    Et vous voudriez vous plaindre à la "société" de votre propre laxisme?

    Aucune chance!

    Dans notre monde malhonnête, malveillant, objectivement dangereux, la faiblesse est une faute.

    Devant tant de laxisme justement, beaucoup de médias nous parlent aujourd’hui d’une solution alternative qui se développe actuellement: le recours à des gros malabars dignes du "service d’action civique".

    Or à l’image des dérives et de la fin du SAC, c’est une très, très mauvaise idée.

    Non pas que le recours à la force soit mauvaise en soit; ce n’est pas la question, mais à ne pouvoir l’exercer vous-même vous en resterez tributaire et dans tous les cas responsable si cette force n’est pas exercée par la force publique et donc légale.

    Car à l’image de ce qui se passe lors des très longues procédures d’expulsions nominatives ou une fois que vous avez viré une famille, une autre famille de "cousins" s’installe (et rebelote pour 18 mois de procédures) quel garanties avez-vous qu’une autre famille d’indésirables ne s’installe pas aussi sec?

    Et comme ces groupes de "milices privées" n’ont pour motivation que l’argent, pourquoi d’ailleurs ne les installeraient-ils pas eux-mêmes… histoire que vous repassiez à la caisse?

    On vire une famille, souvent en lui refilant un petit billet (c’est beaucoup plus consensuel que la violence) et on les installe dans un logement d’où l’on vient de virer une autre famille: vous avez compris le truc!

    Vice versa, hop! C’est sans fin… pas idiot le business non?

    Alors moi, puisque vous l’avez compris j’ai été confronté à ce type de turpitudes, j’ai trouvé LA solution ultime: les abeilles!

    L’abeille n’est pas un animal méchant bien au contraire, il a juste son petit caractère et il déteste par-dessus tout… les imbéciles.

    Chaque colonie constituée d’environ 60.000 insectes doté d’un dard venimeux, bénéficie d’une intelligence et d’une stratégie de groupe dans lequel chaque individu à sa fonction.

    Afin d’assurer la sécurité de la ruche, des gardiennes sont chargées de venir contrôler les personnes s’approchant de la ruche pour en mesurer la dangerosité (VOS PAPIERS!).

    Si vous êtes une personne peu fine ou peu informée, vous ferez bien sûr de grands gestes pour tenter de la dissuader de venir vous voir: erreur, c’est d’autant plus qu’elle vous identifiera comme un élément dangereux et vous piquera sachant, et c’est important, qu’elle y laisse son abdomen avec le dard donc qu’elle y perd la vie.

    Il lui faut donc de fortes motivations pour qu’elle accepte un tel sacrifice.

    Si par contre, vous la laissez vous approcher, vous sentir, sans bouger ou en faisant des gestes lents et calmes, elle vous identifiera comme un élément non dangereux pour sa colonie et vous laissera repartir sans vous inquiéter.

    Mes abeilles à moi viennent se poser sur le dos de ma main, juste pour me sentir et sans autre conséquence pour moi.

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  • Saint-Denis, la cathédrale des rois

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    La basilique de Saint-Denis, devenue cathédrale en 1966, est aussi, et surtout, la nécropole des rois de France, profanée sous la Révolution. Retour sur l’histoire incroyablement riche et tourmentée de ce lieu que Denis Tillinac surnommait “le vrai Panthéon de la droite”.

    Par Jérôme Besnard

    C'est aux alentours de 639 que Dagobert Ier fut le premier roi franc enterré à Saint-Denis, inaugurant ainsi une tradition qui perdurera douze siècles.

    Au début était une nécropole gallo-romaine où, selon la tradition, le premier évêque de Paris, saint Denis, aurait été enterré au IIIe siècle, après son martyr dans l’actuel XVIIIe arrondissement de la capitale. Sainte Geneviève fera bâtir une chapelle sur son tombeau deux siècles plus tard. Le site désormais entouré de prestige, la reine Arégonde, épouse du roi mérovingien Clotaire Ier, le fils de Clovis, y sera inhumée entre 573 et 579. Première dépouille royale de Saint-Denis, son sarcophage n’a été retrouvé qu’en 1959 lors de fouilles effectuées par l’historien Michel Fleury. Il est aujourd’hui visible dans la basilique.

    Le célèbre Dagobert fut ensuite le premier roi franc enterré en ce lieu de pèlerinage aux alentours de l’an 639, inaugurant ainsi une tradition qui perdurera… douze siècles ! C’est probablement à son époque que le clergé desservant la basilique adopte le mode de vie monastique qu’il devait conserver jusqu’à la Révolution.

    TRADITITIONS CHRETIENNES FRANQUES

    Sous les Carolingiens, aux VIIIe et IXe siècle, les abbés de Saint-Denis deviennent les archichapelains des rois, puis empereurs, de la seconde dynastie franque. Devenant ainsi les fonctionnaires les plus importants de l’État, chargés notamment de la sauvegarde de l’histoire et des traditions chrétiennes franques. Le 24 février 775, Charlemagne préside la consécration de la nouvelle église, dédiée à saint Pierre. Elle prend alors la forme d’une basilique romaine d’une longueur de 80 mètres. Des traces de sa crypte subsistent toujours et sont visibles sous l’actuelle cathédrale.

    Durant la seconde moitié du IXe siècle, ce qui était alors un monastère subit les attaques des Vikings. Et il faudra attendre 1135 et l’initiative de l’abbé Suger, conseiller des rois capétiens Louis VI et Louis VII, pour voir la basilique renaître véritablement de ses cendres dans le but de relancer le pèlerinage. Incluant un nouveau chœur, les travaux s’achèvent en 1144, inaugurant l’art gothique. Désormais, les rois de France se rendront à l’abbaye pour recevoir l’oriflamme rouge de Saint-Denis avant de partir pour la guerre ou la croisade. Il sera arboré au combat jusqu’au désastre d’Azincourt en 1415.

    Le Saccage Révolutionnaire Des Tombes Royales

    Au XIIIe siècle, est reconstruite l’antique nef carolingienne de l’église. Les nouvelles voûtes gothiques s’élèvent dorénavant à 30 mètres de hauteur. Puis, procédant de l’action conjuguée du roi saint Louis, de sa mère Blanche de Castille, régente du royaume durant la minorité de son fils, et de l’abbé Eudes Clément, des travaux de grande ampleur sont à nouveau menés durant un demi-siècle (1231-1281) – donnant à l’édifice l’essentiel de son allure actuelle.

    C’est dans cette basilique de Saint-Denis que le roi Henri IV a abjuré le protestantisme en 1593, prélude à son entrée dans Paris. À partir de 1633, l’abbaye est confiée aux moines bénédictins mauristes, réputés pour leur érudition. Preuve que ce lieu est décidément à part : en 1691, Louis XIV supprime le titre d’abbé à Saint-Denis, les supérieurs religieux de la communauté étant désormais nommés grands prieurs. Les bâtiments conventuels entourant l’église sont reconstruits à partir de plans dressés par l’architecte Robert de Cotte. Mais l’abbaye sera supprimée par les révolutionnaires à l’été 1792.

    C’est au cours de cette période révolutionnaire, sur laquelle il convient de s’attarder, que ce lieu sacré devenu la nécropole des rois de France, va connaître le plus terrible épisode de sa longue vie. Pour aborder celui-ci, autorisons-nous un détour par la littérature ; l’évocation y gagnera en force.

     

        LE PREMIER “TYRAN” FORCE DANS SON REPOS ETERNEL FUT LE BON ROI HENRI IV

     

    En 1991, l’écrivain Jean Raspail publie en effet son roman Sire où il imagine qu’à la toute fin du XXe siècle quelques jeunes Français au cœur pur restaurent la monarchie en sacrant un nouveau roi dans la cathédrale de Reims. Au début du livre, il place le long récit glaçant de la destruction méthodique de la nécropole royale à l’été et l’automne 1793. Prenons le temps d’en lire un extrait : « Le premier “tyran” forcé dans son repos éternel fut le bon roi Henri IV, écrit-il. Lorsqu’on eut fait sauter à coups de marteau et de pied-de-biche le lourd couvercle de son cercueil de chêne, puis son cercueil de plomb à la barre à mines, déclenchant dans le caveau des Bourbons un épouvantable vacarme, son corps apparut enveloppé d’un suaire blanc presque intact. On dégagea la tête, et, dans l’air raréfié, se répandit une forte exhalation d’aromates. Ce roi-là sentait bon.

    Ce ne fut pas le cas des autres. Après cent-quatre-vingt-trois ans dans le tombeau, son visage était admirablement conservé, la barbe presque blanche, les traits sereins, à peine altérés. Le cadavre fut ainsi dressé, comme un mannequin, et adossé à un pilier. La foule qui l’entoure, impressionnée, suspend un instant sa haine. Peut-être même est-elle émue au spectacle de ce grand roi debout, immobile dans son linceul.

    Et si elle tombait à genoux, en témoignage d’ancien respect? Mais la loi qui régit les masses humaines ne souffre pas d’exception, c’est toujours le plus vil qui l’emporte, et le plus vil, le voici : un soldat, même pas pris de boisson, ce qui eût au moins constitué une excuse.

    Se poussant au premier rang, avec des mines de matamore, le soldat, courageux fils du peuple, tire son sabre et coupe ras une bonne mèche de barbe blanche dont il se fait une moustache postiche sous les rires et les applaudissements. Voilà, c’est décidé, la foule sera abjecte".

    Elle le sera en effet, faisant basculer dans des fosses communes remplies de chaux vives, les corps des rois et des princesses, des princes et des reines français. Aucune dynastie ne fut épargnée. Les dépouilles des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois et Bourbons subirent un sort identique. Jusqu’en avril 1794, la basilique profanée fut transformée en temple de la Raison.

    LES CORPS DE LOUIS XVI ET MARIE-ANTOINETTE

    La restauration de la basilique sera heureusement décidée par Napoléon en 1805, et confiée aux architectes Jacques-Guillaume Legrand puis Jacques Cellerier. Ils vont sauver l’abbaye. L’Empereur décide également en 1809 de la transformation de l’abbaye en maison d’éducation de la Légion d’honneur, inaugurée deux ans plus tard – et subsistant encore aujourd’hui.

    Puis Louis XVIII, en 1817, fait rassembler dans un ossuaire les restes de ses prédécesseurs extraits des fosses communes, transférant également les corps de son frère Louis XVI et de Marie-Antoinette, jusqu’alors inhumés au cimetière parisien de la Madeleine après leurs exécutions de 1793. Malgré les travaux d’un autre grand architecte, François Debret, l’édifice demeure cependant en piètre état, et c’est Eugène Viollet-le-Duc, le restaurateur de Notre-Dame de Paris, qui lui donnera son aspect actuel, sauvant l’essentiel de l’église médiévale.

    Il faudra attendre 1966 pour que la basilique devienne église cathédrale du nouveau diocèse de Saint-Denis, créé à partir de paroisses détachées de ceux de Paris et Versailles. Un ambitieux mais contesté projet de remontage de la tour et de la flèche nord, démontées par Viollet-le-Duc, voit enfin le jour au début du XXIe siècle, mais pour des raisons techniques de fragilité de l’édifice, le chantier tarde à être réalisé.

    En plein cœur d’un département sinistré devenu le symbole d’une France multiculturelle traversée de tensions, la basilique de Saint-Denis représente plus que jamais, de façon presque insolente au milieu de cet environnement, la mémoire de l’ancienne France et d’une chrétienté déclinante en Europe.

     

    Cet article est tiré du Hors-Série de Valeurs actuelles, La Fabuleuse histoire de Notre-Dame et de nos cathédrales, 132 pages, 11,90 euros

  • Il n’y a pas de sens de l’histoire sociétal

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    Inscrire dans la Constitution un principe de “non-régression sociétale” témoignerait d'une régression démocratique.

    Par Laurent Dandrieu

    C’est l’histoire d’un mec, aurait dit Coluche, qui a été sur le devant de la scène, qui souffre de n’y être plus et qui dirait n’importe quoi pour y revenir. Ainsi pourrait-on raconter, sur le mode burlesque, l’histoire de la proposition qu’a faite Gabriel Attal à l’occasion de sa rentrée politique. Inscrire dans la Constitution " un principe de non-régression sociétale ", c’est faire du progressisme dans une très vieille outre – lorsqu’on se trouve dans une impasse ou que l’on n’a plus rien à dire, compter sur la surenchère sociétale pour se refaire une santé.

    C’est d’ailleurs le principal moteur des fameuses “avancées sociétales”, qui procèdent souvent moins d’une logique d’émancipation que du désir des progressistes de masquer leur impuissance à améliorer la vie des gens en bottant en touche sur le terrain de la déconstruction anthropologique, et de la soumission des conservateurs, incapables d’assumer leur propre anthropologie.

    UNE DISTANCE DE PLUS EN PLUS ASSUMEE

    Si elle n’a pas soulevé l’enthousiasme espéré, l’idée de l’ancien Premier ministre n’en est pas moins révélatrice. D’abord, parce qu’elle témoigne de la distance de plus en plus assumée que prennent les politiques avec la démocratie. Car ce qu’il propose, " pour qu’aucune loi ne puisse revenir sur des droits, des progrès, des conquêtes obtenues de haute lutte ", et ce qu’ont voulu déjà ceux qui ont constitutionnalisé l’IVG, c’est de placer leur vision de la société hors de portée des aléas du suffrage, cadenassée par la protection du gouvernement des juges.

        Le peuple n’est souverain que si ce qu’une majorité a fait, une autre peut le défaire demain.

    Or, le peuple n’est souverain que si ce qu’une majorité a fait, une autre peut le défaire demain. C’est exactement le contraire que veut Gabriel Attal: les tenants de la religion progressiste sachant, mieux que le peuple, ce qui est progrès et ce qui ne l’est pas, s’arrogeraient le droit de sanctuariser des sujets sur lesquels l’électorat n’aurait plus le droit de se prononcer.

    LA RÉMANENCE D’UN MARXISME RÉSIDUEL

    La seconde chose que révèle cette proposition, c’est la rémanence d’un certain marxisme résiduel à travers cette vieille hérésie du “sens de l’histoire”, qui fit jadis les beaux jours du communisme. Hérésie, parce que le sens de l’histoire est, encore une fois, une idée chrétienne devenue folle, la notion spirituelle d’une humanité régie par le plan divin de rédemption ayant dégénéré en l’idée temporelle d’une histoire gouvernée, selon les mots de Condorcet, par "les progrès de l’esprit humain", qui tendraient naturellement à un mouvement continu, linéaire et irréversible, vers toujours plus de droits et d’émancipation.

    Le seul problème de cette religion révélée est qu’elle est fausse. D’une part, parce que le cerveau humain n’est pas si parfait qu’il puisse, infailliblement, savoir ce qui est un progrès et ce qui est une régression. Nombre de ceux qui avaient vu la libération sexuelle comme une avancée incontestable se sont avisés depuis, par exemple, que la liberté des femmes à disposer de leur corps ne faisait pas beaucoup de cas de celle de l’enfant à naître…

    UNE DESTRUCTURATION DELETERE DES SOCIÉTÉS

    D’autre part, le renouveau actuel du conservatisme s’explique en grande partie par la prise de conscience que cette logique de l’émancipation sans limite induisait une déstructuration délétère des sociétés; que les sociétés avaient des droits, elles aussi, à la continuité historique, à la stabilité, à la transmission, droits souvent piétinés par la logique des droits individuels; et que le progrès n’était certainement pas d’aller vers toujours plus de droits si cela signifiait toujours moins de bien commun.

        Cette notion d’un sens de l’histoire est au cœur de l’ADN du progressisme et ne disparaîtra qu’avec lui.

    Malheureusement, l’idée énoncée par Marcel Gauchet que l’écroulement des idéologies prométhéennes comme le marxisme entraînerait " l’écroulement de l’idée de l’histoire comme porteuse d’une nécessité intrinsèque qui conduit vers l’émancipation " s’est révélée fausse. Tout simplement parce que cette notion d’un sens de l’histoire est au cœur de l’ADN du progressisme et ne disparaîtra qu’avec lui.

    À observer la résignation de bien des conservateurs devant chaque “avancée sociétale”, comme s’il était vain de s’opposer à la marche du monde, il apparaît évident que la droite elle-même est largement contaminée par cette hérésie et qu’il est temps que la pensée conservatrice remette le sens de l’histoire, sociétal ou pas, au placard des lubies progressistes dont il n’aurait jamais dû sortir.

    L. DANDRIEU – Valeurs Actuelles