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  • Cohn-Bendit héros de Mai toujours au firmament

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    Né en France en 1945, issu d’une famille juive ashkénaze allemande qui a fui l’Allemagne nazie, Daniel Cohn-Bendit passe son baccalauréat en Allemagne, dont il prend la nationalité pour éviter le service militaire français, puis étudie la sociologie à Nanterre.

    Membre du groupe anarchiste Noir et Rouge, il fait partie des "enragés" qui perturbent joyeusement la vie universitaire, remettant en question programmes et méthodes pédagogiques, multipliant les défis à l’autorité, insistant sur l’aliénation étudiante notamment dans le domaine sexuel, sous l’influence du psychanalyste Wilhelm Reich.

    Il est très tôt dans le collimateur des autorités universitaires: à la rentrée 1967, il est transféré dans une autre université, mais une forte mobilisation étudiante permet son maintien à Nanterre.

    Le 8 Janvier 1968, le ministre François Missoffe vient inaugurer la piscine du campus de Nanterre, il se fait rudement apostropher par un étudiant aux cheveux flamboyants: "C’est bien beau de faire une piscine pour les étudiants, mais qu’est-ce que vous faites pour régler leurs problèmes sexuels?". La réponse est à la hauteur du fossé générationnel qui les sépare: "C’est bien pour vous aider à les oublier qu’on vous invite à plonger dedans".

    La préfecture engage une procédure d’expulsion, finalement bloquée. Les RG s’intéressent désormais de près à lui. Il est brièvement arrêté après la plainte pour agression d’un étudiant de droite. Il participe à l’agitation multiforme des semaines précédant Mai 68: meeting international à Berlin contre la guerre du Vietnam, occupation, le 22 Mars, du bâtiment administratif de Nanterre, qui donne naissance au mouvement du 22 Mars, dont il devient un des leaders.

    Rouquin au regard malicieux, orateur doué et culotté, Cohn-Bendit bénéficie, en ce début de Mai 68, d’une réelle popularité à Nanterre. Les autorités universitaires décident de le traduire, avec plusieurs camarades, devant le conseil de discipline de la Sorbonne. Le 3 Mai, la manifestation de soutien aux Nanterrois tourne à l’émeute dans le Quartier latin, et marque le début de la contestation étudiante.

    A partir du 9 Mai, Cohn-Bendit est omniprésent dans l’organisation et le déroulement des manifestations. La nuit du 10 Mai, il négocie directement avec le recteur Roche pour éviter l’affrontement entre étudiants et policiers. Au matin, après plusieurs heures de combats très violents, il lance sur Europe 1 un appel à la dispersion, et à la grève générale.

    Le 13 Mai, il défile à Paris en tête d’un gigantesque cortège politique et syndical. Il déteste le PCF et la CGT, et les qualifie publiquement de "crapules stalinienne ".

    Son charisme et son insolence juvénile face aux forces de l’ordre font de lui un porte-parole étudiant, et une vedette médiatique: longue interview donnée à l’ORTF, conversation avec Sartre publiée dans le Nouvel Observateur, rencontre officielle avec Jacques Lacan …

    Aux alentours du 15 Mai, Dany le Rouge s’éloigne du cœur des événements. Il ne croit pas à la Révolution brutale, il préférerait une issue réaliste, comme l’établissement d’un gouvernement populaire. Il se rend chez son frère Gaby, à Saint-Nazaire. Ensuite, il part pour Berlin, où il est invité par les étudiants, en compagnie d’un reporter de Paris-Match. Quelques jours plus tard, il participe à un meeting à Amsterdam et fait une provocation anti-nationaliste:

    "Le drapeau tricolore est fait pour être déchiré, pour en faire un drapeau rouge".

    Le 22 Mai au soir, le régime gaulliste l’interdit de séjour en France. Cette interdiction est le point d’orgue d’une campagne germanophobe orchestrée contre lui par les forces hostiles aux événements, du PCF aux gaullistes: Cohn-Bendit sert de pôle mobilisateur au discours anti-contestataire. Il rentre clandestinement en France et réapparaît triomphalement à la Sorbonne le 28 Mai.

    Cette interdiction provoque des manifestations de soutien. Le 1er Juin, il participe au cortège contre l’annonce de nouvelles élections. Impuissant face à la reprise en main du pays et menacé d’arrestation, il regagne peu après clandestinement l’Allemagne, où commence pour lui une nouvelle vie. De 1973 à 1974, il travaille dans un jardin d’enfants, à Francfort. Il est aide-éducateur dans une crèche autogérée par les parents des enfants, puis reprendra cette activité six ans plus tard.

    Il fait partie du groupe mao-spontanéiste Revolutionärer Kampf. Il participe en Allemagne à la fondation des Grünen, les Verts, puis à l’aile qui rejoint le SPD dans la gestion gouvernementale. Il est élu député européen à plusieurs reprises, en Allemagne et en France.

    Dans le Grand Bazar, écrit en 1975, il avoue: "Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais: Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi et pas d’autres gosses? Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même".

    En 1975, lors d’une interview accordée à la Radio-Télévision Suisse, il évoque ses interactions avec des enfants: "Je vis dans une communauté avec des gosses et d’autres personnes. C’est un genre d’enfant qui se dit anti-autoritaire. Anti-autoritaire veut dire que les enfants n’ont pas pu faire ce qu’ils veulent, mais qu’on essaie de développer le plus possible l’autonomie des enfants. Pour moi, ça a été une possibilité de réfléchir sur moi, c’est-à-dire en ayant des expériences avec les gosses en jouant avec eux. Il y a des rapports émotionnels et même sexuels, donc sexuels dans le sens émotif, caresse, etc. J’ai appris beaucoup sur ma propre personne".

    Le thème de l’émission portait sur "À l’école du sexe. Comment on apprenait à faire l’amour dans les classes de Suisse romande".

    Le 23 Avril 1982, au cours de l’émission Apostrophes, il déclare: " Quand une petite fille de cinq ans et demi commence à vous déshabiller, c’est fantastique, c’est un jeu érotico-maniaque ". Il s’occupait de " huit petits gosses de 16 mois à deux ans " dans des crèches alternatives. " Je vais leur torcher le cul, ils vont me chatouiller et je vais les chatouiller … "Cohn-Bendit se défendra en invoquant le contexte de l’époque et un "besoin maladif de provocation".

    Le 20 Décembre 1978, Christian Bonnet, ministre de l’Intérieur, met fin à la mesure d’expulsion. En 1998, il revient en France.

    Cohn-Bendit a marqué durablement l’imaginaire collectif français, il reste l’un des symboles de Mai 68, dont il incarne le souffle libertaire. Il se distingue peu à peu d’autres fondateurs du mouvement du 22 Mars, restés fidèles à leurs valeurs anarchistes. Il se recycle dans l’écologie, dans le libéralisme, dans le fédéralisme européen, et dans le mondialisme. Plus encore qu’au cours des événements, il intervient régulièrement dans les médias où il distille la bonne parole écologiste, gauchiste, européiste et mondialiste. Il est la coqueluche des journalistes, l’idole de la gauche bien-pensante. On lui déroule le tapis rouge, on le cajole, on le courtise, on lui fait du " Dany " à tour de bras pour lui prouver une proximité affective et idéologique. Il soutient longtemps Macron, puis rompt avec lui.

    Depuis Mai 68, Daniel Cohn-Bendit est un personnage public de premier plan. Il a fait une carrière politique et médiatique sans le moindre obstacle. Toujours adulé. Toujours idolâtré. Toujours porté au pinacle. Les commémorations de Mai 68 rappellent et glorifient son souvenir.

    Il n’y a rien d’étonnant à cela. Cohn-Bendit, couvert par la confrérie, incarne et personnifie à merveille l’environnement politique dominant, tous les paramètres du mondialisme: l’immigrationnisme l’islamisation, le wokisme, le genre, le LGBTisme, le transhumanisme, l’écologisme, l’européisme, le fédéralisme…

    Et par voie de conséquence, la dégénérescence propre à notre époque. L’enfance est devenue un produit de consommation. La pédocriminalité n’est pas un fléau marginal concernant divers fous égarés. Elle est une plaie profonde de notre société impliquant de puissants réseaux composés de personnalités influentes. De véritables briseurs de vie et de rêves que la justice " oublie " régulièrement de réprimer, que ce soit à Outreau, à Angers, qu’il s’agisse des disparus de l’Yonne, de l’affaire Dutroux, celles d’Anvers, de Cogolin. À Zandvoort, des CD-Rom furent retrouvés et transmis à la police. Les chiffres sont accablants: mille enfants disparus par an en France, seize meurtres d’enfants au passif d’un réseau pédophile dans le Var, trois autres abusés… et ce en toute impunité.

    Magistrats, policiers, gendarmes, politiciens, avocats observent la loi de l’omerta. Rien ne sort car rien ne doit sortir. Les investigateurs isolés font face au mur de la honte. Les enquêtes sont bâclées, les preuves camouflées. Chacun tient l’autre par la barbichette, car dans ce genre d’histoire, tout le monde a peur de tout perdre. L’hypocrisie est poussée à son paroxysme, tant cette pédocriminalité d’Etat n’est jamais réprimée, mais seulement utilisée afin de restreindre nos libertés individuelles. Des familles et des enfants sont détruits par le vice impuni de ces adeptes. Crimes et obscénités sont étouffés.

    Notre société dégénérée se liquéfie au fur et à mesure que le système libéral mondialiste s’intensifie. Elle plonge lentement, mais sûrement dans l’abîme. Elle incarne la laideur d’âme et d’esprit de ses dirigeants corrompus. La décadence morale et la mort spirituelle sont intimement liées. Dieu et la morale ont été bannis de la société.

    Le mondialisme produit en nombre illimité ce genre d’humain déraciné, sans terre ni patrie, sans tradition ni culture, flexible à souhait, dépressif et consommateur compulsif, dévirilisé, voire féminisé, mal éduqué, individualiste, abruti par les médias de masse, les nouvelles technologies, perverti par la pornographie, courant après l’argent, le sexe, les honneurs, et les plaisirs superficiels. Naturellement orgueilleux, il cherche à se montrer supérieur à son semblable et jalouse quiconque lui fait de l’ombre. C’est à celui qui montre le plus d’attributs de richesse et de beauté. Qui en impose pour être quelqu’un aux yeux des masses. Pour valoir aux yeux des autres. Tel est le prototype humain, formaté par le mondialisme, qui prolifère et se multiplie, notamment dans les couches sociales dites supérieures.

    Au lieu de s’élever et d’élever, d’avancer et de progresser, l’humain est en train de démolir une planète conçue à la perfection, et avec " l’aide " des écologistes. Sur la terre comme dans les airs, par la pollution, les chemtrails, les graffitis, les buildings, la détérioration des sols…

    L’homme s’est attaché à détruire l’ordre ancien. La profonde dégénérescence de notre époque se traduit par de l’agitation, de l’excitation et de la dépression. Donnant l’illusion de la vie, cette agitation générale engendre le bruit et la cacophonie. À l’instar des écrans télévisés, le bruit est partout, en opposition à la vertu du silence.

    Le vide à remplir est comblé par la société du désir, de l’hédonisme, par une overdose d’objets à consommer, à grands coups de crédits et de surendettement, dans l’intérêt des banques. Le commerce de snuff movies fleurit. L’industrie pédopornographique brasse des sommes folles.

    Depuis Mai 68, des idéologues ivres de haine embarquent les générations suivantes dans la fuite hors de soi. Ils les prédisposent à se complaire dans l’immoralisme de l’irresponsabilité collective. Remède fallacieux contre l’angoisse solitaire. Crime contre la liberté.

    Mai 68 détruit radicalement l’armature sur laquelle les humains tissent avec une patience amoureuse un florilège de sentiments qui en épurant leurs désirs enluminent leurs existences.

    Mai 68, stade suprême du nihilisme. À force d’entendre ressasser que toute valeur est suspecte de consolider l’ordre ancien, on n’a d’autre recours qu’une émotivité infantile, une sensiblerie, une soumission à l’affect, une fuite dans le paroxysme.

    Mai 68: fin des épanchements liés à des souvenirs, fin des émois à connotation littéraire. Dictature du présent de l’indicatif. Table rase sur le passé composé, décomposé, recomposé. Barbarie de l’immédiateté.

    Mai 68: l’arnaque d’une contestation du capitalisme qui n’aura servi qu’à le rendre plus oppressant. Plus arrogant. Plus irrémédiable. Argent et notoriété médiatique sont devenus les seuls critères de l’éminence sociale. Exit les modèles de sainteté, d’héroïsme, de sagesse.

    Mai 68: l’arnaque d’une prétendue démystification qui s’échoue dans la dérision des " humoristes ". Sous les pavés, la plage, et sous la plage, le ciment gris d’un nihilisme ricanant.

    Mai 68: l’arnaque d’une anti-pédagogie, le pédagogisme qui a fabriqué en série des fauves vénaux et immatures, en les privant d’ossature psychique et de jalons mémoriels, sous prétexte de les soustraire à la morale bourgeoise.

    Mai 68: l’arnaque d’une génération qui a cru prendre l’Histoire avec énergie, dont les descendants se targuent encore de cette illusion, alors qu’elle a déconnecté l’humain de la marche en avant de l’Histoire.

    Mai 68: l’arnaque d’une visée révolutionnaire qui s’est prétendue novatrice, alors qu’elle était au fond dans la droite ligne de la Révolution dite française, et qu’elle a ranimé sans répit, pendant un mois, les recettes du totalitarisme. Totalitarisme actualisé avec Macron.

    Mai 68: l’arnaque d’une fausse libération qui a dégradé le moi en ego pour mieux l’enfermer dans une insignifiance revendiquée.

    Mai 68: la récusation sans appel de l’héritage gréco-latin et chrétien. Mai 68: une nuit de l’esprit toujours vivace.

    Mai 68: l’explosion des normes objectives du bien et du mal. La morale, les traditions, la culture classique, les institutions sont considérées comme aliénantes. La nouvelle morale, c’est l’individualisme. Le fruit de Mai 68, c’est l’individu comme mesure de toute chose. C’est le royaume du Moi.

    Mai 68: la société devient une société de l’hyper consommation, une société consumériste organisée à partir de l’exploitation commerciale des désirs du Moi.

    Mai 68 débouche sur l’alliance objective de l’ultra libéralisme économique et d’une vision libertaire des mœurs. Libéral au plan économique par la mise en avant du profit et de la marchandisation, jusqu’à la marchandisation des corps. Libertaire par le rejet des principes moraux, chacun se construisant ses mœurs, en fonction de ses envies.

    Dans la fin du XXe siècle, les soixante-huitards participeront activement à la réorganisation du capitalisme et à la révolution sexuelle. Le quotidien Libération, en état de survie grâce au grand capital, symbolise cette alliance libérale-libertaire. Leurs enfants et petits-enfants continueront et amplifieront l’oeuvre libérale-libertaire: capitalisme financier et révolution des mœurs.

    Tel est l’héritage de Cohn-Bendit et de ses congénères soixante-huitards. Cet héritage, conforme à l’esprit du temps, embrasse tous les ingrédients du mondialisme: libéralisation totale des échanges, destruction ou table rase du passé, abolition de l’ordre naturel, domination et privatisation du monde, cosmopolitisme et internationalisme, changement de l’anthropologie humaine, asservissement et mise en esclavage de l’homme.

    Cohn-Bendit, au soir de sa vie, peut se regarder dans la glace avec satisfaction. Il a fait "du bon boulot". Il est un homme-sandwich de la nouvelle société, un paradigme du Nouvel Ordre Mondial. Il reste flatté et comblé de louanges par toute la caste au pouvoir.

    Jean Saunier

     

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  • Les sinistres et la justice

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    (…)

    Dans le gouvernement Bayrou, quelques ministres habitués au glaive de la justice, ne prenant que leur courage a deux mains, se sont jetés dans l’arène pour sauver le trublion Macron.

    L’homme d’affaires Pierre Ferracci, proche d’Emmanuel Macron, témoin à son mariage, ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie, a été condamné à une amende d’un million d’euros par la cour d’appel de Bastia (son empire financier est estimé à environ 80 millions d’euros.) L’homme avait fait construire, en 2010 et 2013, deux villas de 670 mètres carrés chacune dans le maquis de la baie de Rondinara, à Bonifacio. Le patron du groupe Alpha, et directeur du Paris Football Club, avait en effet édifié ces villas sur une zone classée site remarquable protégé et donc non constructible. L’amende peut paraître importante mais Pierre Ferracci peut s’estimer heureux. La justice, qui a confirmé la décision rendue en première instance, n’a en effet pas ordonné la destruction des propriétés.

    Lecornu, ministre des Armées. En 2023, le parquet national financier a conclu que M. Lecornu avait bel et bien commis formellement l’infraction de prise illégale d’intérêts. Regrettant que le responsable politique ne se soit pas déporté ou n’ait pas renoncé aux 7874 euros de jetons de présence à la SAPN, le PNF a toutefois observé qu’aucun élément de l’enquête ne permettait d’établir que M. Lecornu avait cherché à faire prévaloir les intérêts de la SAPN sur ceux du conseil départemental, ni à remettre en cause l’opportunité de ces opérations ou leur équilibre économique. Après avoir demandé à M. Lecornu de rembourser ses jetons de présence, le PNF a annoncé un classement sans suite.

    Rachida Dati, ministre de la Culture, a été mise en cause par la justice dans le cadre de l’affaire Carlos Ghosn. Les magistrats s’intéressent notamment à la légalité et la réalité des prestations qu’elle a effectuées pour le compte du patron de Renault-Nissan de 2010 à 2012. Mme Dati a touché environ 900.000 euros (hors taxe) d’honoraires pour assister Carlos Ghosn dans la détermination de la conduite de la politique d’extension internationale du groupe, notamment dans les pays du Moyen-Orient et du Maghreb.

    Aurore Bergé, ministre déléguée auprès du Premier ministre, accusée de faux témoignage, la justice saisie. Affaire des crèches privées. Le bureau de l’Assemblée nationale a décidé de saisir la justice du cas de l’ex-ministre macroniste Aurore Bergé. Elle est accusée par des députés de gauche de faux témoignage pour avoir rejeté devant une commission d’enquête tout lien personnel avec une lobbyiste des crèches privées.

    Véronique Louwagie, députée divers droite, en charge dans le gouvernement Bayrou, du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l’économie sociale et solidaire, a été condamnée par les prud’hommes. Elle s’est retrouvée devant la justice (des hommes?) pour le licenciement de sa femme de ménage. Elle a été condamnée à verser 15.635 euros.

    Patricia Mirallès apparaît ainsi dans la liste du nouveau gouvernement, soigneusement étudiée par Emmanuel Macron et Élisabeth Borne. La députée macroniste fraîchement réélue dans la 1re circonscription de l’Hérault a été nommée ce lundi 4 juillet secrétaire d’État chargée des Anciens combattants et de la Mémoire. Marcheuse de la première heure, elle a pourtant récemment été épinglée pour avoir usé et abusé de notes de frais dans le cadre de son mandat de députée. Selon une enquête de Mediapart, Patricia Mirallès aurait utilisé l’enveloppe réservée aux frais de mandat pour des dépenses personnelles. Nos confrères avaient notamment cité le déménagement de son fils, la réparation du disque dur de sa fille ou encore un séjour à l’hôtel avec son conjoint.

    C’est notre France, pas toujours démocratique, mais progressiste, égalitaire et fraternelle à l’insu de son plein gré qui autorise n’importe quel  "indélicat" (un ministre n’est jamais une racaille, un voleur, un corrompu) d’être ministre de Macron. Mais il est interdit pour les mêmes  "indélicatesses" d’occuper certains emplois ou de diriger une entreprise. Ne voyez aucune faveur présidentielle, c’est la loi (des puissants). C’est uniquement pour leurs compétences qu’ils vont bénéficier des avantages acquis. Cette fois-ci, ne riez pas , c’est de votre pognon qu’il s’agit. (…)

    Daniel Faguet

     

  • Trump a raison de vouloir reprendre le contrôle du canal de Panama

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    Le 18 novembre 1903, à New York, est signé le traité Hay-Bunau-Varilla, faisant du Panama, province sécessionniste de Colombie, un protectorat. Les États-Unis reçoivent une frange de 10 milles de large (18,5 km) de chaque côté du futur canal, pour sa construction et son exploitation. Une concession à perpétuité. La souveraineté dans la zone du canal leur revient, le Panama y étant privé de l’exercice de tout droit régalien.

    On concédait ainsi aux USA un droit d’ingérence permanent dans les affaires intérieures panaméennes, avec la possibilité d’intervenir militairement en cas d’atteinte à l’ordre public. Conformément à la tradition: quatorze interventions armées yankees entre 1850 et 1902, à la demande de la Colombie.

    Cette clause fut incluse dans la Constitution panaméenne du 20 février 1904. Mais, comme dans tous les pays arriérés, lorsqu’ils ont laissé une nation plus évoluée défricher et innover, une fois que ça fonctionne, ils veulent virer les investisseurs et garder tout le gâteau pour eux.

    Du protectorat à l’État associé, puis à la dictature hostile

    Le naïf Jimmy Carter (RIP) qui s’était laissé bouffer le crâne par les ayatollahs iraniens, s’est fait pincer à Panama par un crustacé frimeur Omar Torrijos, ancien capitaine putschiste qui réclamait depuis 1968 l’indépendance du canal, pour s’en mettre plein les fouilles.

    Le traité Torrijos-Carter signé en 1977 sous la pression de la "vertueuse communauté internationale" fut un renoncement aux royalties du canal. Tout en maintenant la souveraineté politique et militaire des USA, car les Ricains considèrent qu’ils doivent pouvoir intervenir à leur guise partout en Mésoamérique, lorsque leurs intérêts l’exigent.

    Progressivement les Américains dégagent de l’administration du canal, et abandonnent les jobs les plus juteux à des locaux. Fin 1999, le transfert est achevé. Dans les années qui suivent, les coûts de passage doublent, triplent, quadruplent, décuplent, et les Panaméens incapables d’entretenir et de gérer "leur" canal, exigent que les Ricains continuent le job sans en tirer de bénéfices.

    Moins cons que les Français qui persistent à raquer pour d’anciennes colonies qui leur crachent à la gueule, les Ricains se désengagent. La place est libre pour les Chinois. L’élargissement et l’approfondissement du canal aux normes Panamax fini en juin 2016, est l’œuvre d’une multinationale où les fils du ciel sont majoritaires.

    Désormais, les navires de près de 300 mètres de long et 32 de large peuvent passer. Mais le problème vient du tirant d’eau. Il semblerait que, du fait d’une raréfaction momentanée des pluies, un phénomène cyclique observé dès les années 1900, le lac Gatún et les écluses ne se remplissent plus suffisamment. Limitant le nombre des navires. Et donc les taxes. Qui vont encore augmenter. Cas d’école de mauvaise gestion.

    On ne se méfie jamais assez des chicayas des Chicanos

    Entre 1979 et début 2017, avec mon voilier ou ceux que je convoyais, j’ai emprunté trois fois le canal, mais rassurez-vous, je l’ai toujours rendu. Et j’ai fait deux escales en avion, destination le Costa Rica. En quarante ans, j’ai pu mesurer la dégradation de Panama, condensé de corruption et de banditisme à tous les niveaux, qui mérite plus que d’autres l’appellation de super ripoublique bananière.

    Le summum est atteint et dépassé le 15 décembre 1989 quand Manuel Noriega, narco-trafiquant lié aux cartels colombiens, autoproclamé Président et "lider maximo" comme Fidel Castro, déclare le Panama en état de guerre avec les USA. Merluchon s’y serait senti chez lui. Ils détestent les Gringos, surtout les blonds pâlichons. Moi, ça va. Basané et hispanophone, je passe inaperçu.

    Georges W Bush, comme le traité bilatéral l’y autorise, décide alors d’un rappel à l’ordre. Les troupes US investissent Panama City, la ville moderne côté Pacifique, et traquent Noriega. La plupart des Panaméens ne se battent pas contre les US Marines, mais entre eux, pour s’attribuer la plus grosse part dans les pillages.

    Début janvier 1990, le truand dictateur finit par se rendre, on l’extrade aux USA où il se prend 40 ans de prison réduits à 30 pour bonne conduite. Libéré au bout de 20 ans, la France qui a toujours su choisir ses amis, lui offre l’asile politique. Avant de le rejuger dans une mascarade judiciaire dont nos hiérarques sont friands.

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