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Blog - Page 3

  • La haute fonction

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    Nos contemporains sous-estiment totalement le pouvoir de nuisance de la haute administration qui dirige le pays. Les magistrats à la justice, les directeurs centraux des administrations à l’Éducation nationale par exemple et plus encore les institutions dont essentiellement la Cour des comptes dont les productions n’ont aucun effet sur rien et le conseil d’État devenu un organe partisan au nom d’une conception idéologique du droit.

    LA DESOBEISSANCE EST PROGRAMMÉE

    Des bruits persistants courent sur l’organisation de la résistance contre le RN, si ce dernier parvenait aux affaires. Le pouvoir de l’énarchie et des réseaux qui gouvernent le pays, les grandes écoles, les réseaux idéologiques socialistes et autres feront barrage à la loi votée par une majorité de parlementaires issus du RN. Les Français ignorent que la loi n’est pas grand-chose sans ses décrets d’application. Or, ces derniers sont écrits par les administrations compétentes qui précisent les modalités ou conditions d’application de la loi. Autant dire que le pouvoir est assez largement chez ces fonctionnaires qui peuvent dénaturer la loi, la vider de sa substance et, malheureusement, la pratique est habituelle.

    LE LICENCIEMENT SERA UNE NÉCESSITE

    C’est la raison pour laquelle l’accès au pouvoir d’un mouvement qui n’a jamais exercé le pouvoir et dont les idées sont largement désapprouvées par l’oligarchie ne pourra pas faire appliquer les lois. Les décrets sortiront très tardivement, voire jamais, ils limiteront l’esprit de la loi et la rendront inapplicable. Donc, le politique n’a qu’une seule issue, licencier les quelques milliers de hauts fonctionnaires déloyaux des principaux ministères: Justice, Intérieur, Éducation, Santé et Finances plus encore. Cette mesure est simplement indispensable. D’autant que ces derniers travaillent à leur objection de conscience, aux conditions de refus d’exécuter des lois au nom de l’État de droit, etc.

    UNE NOUVELLE CONSTITUTION EST INDISPENSABLE (NON!)

    La deuxième mesure nécessite un référendum constitutionnel très rapide pour changer de Constitution et installer la première démocratie française, car les obstacles sont immenses. L’objectif sera double. Supprimer avec l’avis du peuple le conseil d’État, la Cour des comptes qui ne sert à rien et le Conseil constitutionnel qui entraverait et casserait sinon toutes les lois, comme il sait le faire. Ce sera l’occasion de graver dans le marbre la démocratie sociale de proximité et donc l’occasion de frapper un grand coup en une seule fois: suppression des échelons administratifs parasites: les régions sans aucune doute, suppression des agences, et affirmation d’un référendum annuel sur les questions fondamentales, en sus des votent de l’Assemblée nationale pour les confirmer ou les infirmer, à la façon des votations helvétiques.

    Le peuple gouverne par ses représentants et il garde le pouvoir de contredire des représentants qui s’écarteraient de leur mandat.

    Sans cette révolution constitutionnelle, le pouvoir sera paralysé très rapidement par l’appareil d’État. Ceux qui ne veulent pas le voir sont très naïfs et ne pas le faire exposerait à une déconvenue qui révolterait et démobiliserait les électeurs. Cette nouvelle Constitution doit donc poser quelques bases élémentaires de la souveraineté.

    Au lieu de Conseil constitutionnel avec des nominations de connivences, ce serait les cinq plus anciens professeurs titulaires des chaires de droit constitutionnel en exercice qui aurait un avis à émettre sur les éventuelles contradictions entre une nouvelle loi et des anciennes; ce qui poserait des difficultés majeures pour les juges ou dans l’exécution de la loi. Ce serait un avis et il appartiendrait aux parlementaires de le prendre en compte. Les tribunaux administratifs et le conseil d’État seraient supprimés, car l’État est juge et partie des litiges qui l’opposent aux citoyens. Il faut une petite révolution dans ce domaine. Comme nous sommes promoteurs de la suppression du statut des fonctionnaires, haute fonction publique comprise, le licenciement pour rupture de confiance serait facilité, comme dans le privé. Ce serait l’occasion de supprimer le Conseil économique, social et environnemental qui ne sert à rien lui non plus.

    Pierre-Antoine Pontoizeau

     

    PS; je ne suis pas d'accord avec le changement de constitution: celle du général De Gaulle contient tout ce qu'il faut pour l'exercice de bon droit dans notre pays. Ce qu'il faut, c'est revenir à l'origine et supprimer presque tous les changements soit-disant "de société!

  • La culture générale n’est pas un luxe

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    C'est elle qui inscrit l'homme dans une communauté, dans le temps comme dans l'espace.

    La récente présentation par le commissaire au Plan, Clément Beaune, de deux notes à la ministre de l’Éducation nationale, avait quelque chose d’ahurissant. Non par ses constats sur la chute du niveau scolaire, qui n’ont surpris personne; mais par l’une de ses conclusions: "À ce stade, la baisse du niveau depuis une trentaine d’années ne s’est pas traduite par une baisse de compétence des adultes".

    Où l’on voit que l’ancien ministre n’a jamais mis les pieds dans une entreprise et qu’il n’a pas assez fréquenté les bancs des députés: dans l’un et l’autre cas, il aurait eu tout loisir de constater à quel point cet effondrement scolaire a “ruisselé” sur les adultes, notamment par une maîtrise de plus en plus aléatoire du français et une dégringolade de la culture générale – le contraire, au demeurant, aurait tenu du miracle.

    UN GACHIS SOCIAL

    Si le gâchis social que constitue cet affaissement des compétences est évident, on s’attardera en revanche sur le cas de la culture générale, tant celle-ci reste pour certains une cerise sur le gâteau sans laquelle on vivrait tout aussi bien – quand elle n’est pas décrite, notamment par nos amis wokistes, comme un luxe bourgeois, pur instrument de discrimination sociale. Que cette idée soit si répandue est une preuve en soi de la faillite du système scolaire, qui non seulement ne parvient plus à transmettre les humanités mais a échoué même à en faire voir l’absolue nécessité.

    Que ce beau terme d’humanités, qui disait tout, soit tombé en désuétude, résume bien la crise que nous traversons. Il faut redire ici la splendide formule de Jean-Paul II: " L’homme vit d’une vie vraiment humaine grâce à la culture". Car si l’homme est un animal social, comme on le sait depuis Aristote, c’est bien la culture qui avant tout le relie aux autres et lui permet de développer cette “vie vraiment humaine” sans laquelle il ne serait pas grand-chose de plus qu’un tube digestif pensant, ce "gros animal" dont parlait Platon, tout entier soumis à ses appétits terrestres.

    L’HOMME DE CULTURE N’EST JAMAIS SEUL

    La culture, c’est ce qui nous relie aux autres, ce qui nous permet d’accomplir notre nature d’animal social, dans l’espace et dans le temps. Dans le temps, car la culture est ce lien entre les générations qui nous permet de dépasser la furtivité de notre passage terrestre pour nous inscrire dans l’histoire. L’homme de culture n’est jamais seul; une foule d’ombres mortes l’accompagne, qui sont pour lui bien vivantes, une foule d’êtres encore à venir l’attend.

    Pas de sens de la communauté possible sans ce ciment qui crée un sentiment d’appartenance par tout un réseau de références communes.

    Par ce " colloque avec les morts " qu’est la culture, selon la belle expression de Michel De Jaeghere, nous pouvons dialoguer avec Montaigne et Chateaubriand comme s’ils étaient des amis proches: ils sont des amis proches, qui nourrissent nos rêves, nos réflexions, nous poussent dans nos retranchements et nous entraînent au-delà de nous-mêmes. Avec eux, grâce à eux, nous entretenons cette flamme qui se transmet de génération en génération et préparons à ceux qui viendront après nous un trésor inestimable; et c’est juchés sur nos épaules, comme disait Bernard de Chartres, qu’ils pourront porter leur regard plus loin que nous n’avons pu le faire.

    UN LIEN AVEC NOS CONTEMPORAINS

    Dans l’espace: car la culture, c’est aussi ce qui nous relie à nos contemporains. Pas de sens de la communauté possible sans ce ciment qui crée un sentiment d’appartenance par tout un réseau de références communes, de prédilections partagées, par un vaste substrat de goûts et de sensibilités communs forgés par des siècles de culture partagée. Ce rôle fédérateur est bien incarné par l’Odyssée d’Homère, dont Victor Bérard a pu dire qu’elle était " pour les Grecs de l’époque classique […] le livre national par excellence, une sorte de Bible " – les Fables de La Fontaine ont longtemps joué le même rôle en France.

    On trouvera chez Jane Austen, dans Mansfield Park, un dialogue où deux personnages constatent que chacun de leurs compatriotes " apprend à connaître Shakespeare sans bien savoir comment. Il fait partie du tempérament de tout Anglais ", jusqu’à forger une sorte de langage commun. C’est le splendide paradoxe de la culture: c’est par le biais de ces témoins surgis du passé que, sachant qui nous sommes, nous pouvons entrer dans une relation véritable et profonde avec nos contemporains.

    Par Laurent Dandrieu

  • Sur le provincialisme du temps

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    Le mépris pour le passé de notre époque lui méritera sans doute celui des époques futures.

    Par Laurent Dandrieu

    Chez nos amis progressistes, il est de bon ton de moquer les “réactionnaires” pour leur manie supposée de juger à tout propos que “c’était mieux avant” – moquerie qui réduit de facto la pensée conservatrice à une nostalgie stérile, quand on ne la diabolise pas comme un obscurantisme militant. Mais c’est pour mieux succomber à une manie inverse, plus ridicule encore : celle de juger que notre époque serait infiniment supérieure à toutes celles qui l’ont précédée.

    La littérature classique est pleine de personnages qui, tel le monsieur Homais de Flaubert, prêtent à leur province des qualités hors de proportion avec la réalité et ne peuvent se départir de l’idée que le lieu où ils vivent est le centre du monde. Ce provincialisme a suggéré à T. S. Eliot, Prix Nobel de littérature en 1948, de qualifier de « provincialisme du temps » ce complexe de supériorité temporel : « À notre époque, écrivait-il en 1944, où les hommes sont plus que jamais enclins à confondre sagesse avec savoir, savoir avec information, où ils tentent de régler leurs problèmes par la technique, on voit apparaître une nouvelle sorte de provincialisme non pas de l’espace, mais du temps; l’histoire n’est plus qu’une chronique d’inventions humaines qui ont fait leur temps et ont été mises au panier ; le monde est devenu la propriété exclusive de vivants, propriété où les morts n’ont pas de part". 

    Ce provincialisme du temps est plus que jamais d’actualité à une époque qui a inventé sa propre anthropologie, où l’on peut choisir son sexe au gré de ses caprices, où les hommes peuvent être enceints, où la biologie s’efface devant la toute-puissance du désir; où la croyance millénaire en une nature humaine immuable est tenue pour une superstition, et toute la sagesse des temps anciens pour des vieilleries dépassées.

    À une époque aussi où notre histoire est réduite à une succession de rapines, d’oppressions, de discriminations obscurantistes. À une époque, enfin, où la technologie évolue si vite que le mode de vie de nos grands-parents peut parfois sembler aussi archaïque que celui des paysans du Moyen Âge.

    Vous avez raison, nous n’avions pas toutes ces choses lorsque nous étions jeunes. Nous les avons inventées.

    Ronald Reagan racontait un jour que, lorsqu’il était gouverneur de Californie, il avait reçu une délégation d’étudiants contestataires qui lui avaient expliqué avec arrogance qu’il ne saurait les comprendre, étant d’une génération qui n’avait connu ni l’informatique, ni l’incroyable essor de la communication, ni les voyages spatiaux, etc. Ce à quoi Reagan répondit: "Vous avez raison, nous n’avions pas toutes ces choses lorsque nous étions jeunes. Nous les avons inventées".

    Le provincialisme du temps, qui vit sous le signe de l’ingratitude, oublie que ses accomplissements ne sont pas sortis de la cuisse de Jupiter, mais ont été rendus possibles par une patiente accumulation de savoirs, de sciences, de progrès divers qui constituent le terreau sur lequel l’innovation moderne a pu fleurir.

    Il oublie aussi que les prouesses technologiques dont il est si fier paraîtront des jeux d’enfants aux générations futures, qui auront sans nul doute poussé encore plus loin l’inventivité du génie humain – pour le meilleur et pour le pire. Que le mépris dont il abreuve le passé risque bien de se retourner contre lui, quand le provincialisme d’un temps futur le regardera à son tour avec condescendance.

    Surtout, il oublie que la supériorité dont il se targue est bien illusoire. Que la sagesse nouvelle dont il se prévaut pourrait bien être regardée, demain, comme l’oubli tragique de vérités essentielles. Que ses sarcasmes vis-à-vis des erreurs, réelles ou supposées, commises dans le passé, passent sous silence que toute époque commet les siennes, et qu’on ne fustige souvent celles d’hier que pour mieux ignorer celles d’aujourd’hui.

    Qu’il est plus facile de voir ce que nous aurions fait mieux que nos ancêtres, de prophétiser le passé, de prédire des catastrophes déjà survenues et le moyen de les éviter, que de prévenir celles vers lesquelles nous sommes en train de nous précipiter, tête baissée, faute de les avoir anticipées, et que notre époque si fière d’elle-même est en train de produire sans y réfléchir. Nicolás Gómez Dávila avait raison de le souligner: "Personne ne méprise autant la crétinerie d’hier que le crétin d’aujourd’hui".