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  • J’ai connu Tunis quand on pouvait manger pendant le Ramadan

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    J’avais vécu les 20 premières années de ma vie à Tunis où les cafés et les restos restaient ouverts pendant le Ramadan, où il n’était pas rare que les jeûneurs et les non-jeûneurs puissent s’attabler ensemble à la même table.

    Mais c’est une époque révolue, c’était Tunis d’autrefois qui respirait la joie de vivre, celui des années 60 et 70 aux couleurs blanches et bleues de la Méditerranée. Un Tunis plus proche de Naples et d’Athènes ou d’Alexandrie que d’une ville orientale.

    Mais le tsunami wahhabite est passé par là à la fin des années 80, à travers ses chaînes satellitaires qui ont envahi les foyers tunisois, et a tout balayé sur son passage.

    Impactant les mœurs, la psyché et les attitudes de ses habitants qui ont radicalement changé, qui sont passés d’un islam invisibilité à un islam trop visible et envahissant, en rupture totale avec le mode de vie et la mentalité de leurs aînés, comme si les musulmans d’hier n’étaient plus les musulmans d’aujourd’hui.

    Tout doit rester fermé pendant la journée et les non-jeûneurs doivent se cacher pour boire et manger.

    Est-ce que l’islam d’hier était un mauvais islam parce que la cité n’était pas lieu dédié entièrement à la religion où tout un chacun pouvait vivre sa liberté de conscience sans entraves et en toute sécurité?

    Pourquoi la cité musulmane comme celle que j’ai connue autrefois a-t-elle perdu son caractère laïque pendant le Ramadan?

    Cet islam des années 60 et 70 était-il éloigné des préceptes coraniques… alors qu’aujourd’hui l’heure est à l’islam despotique et totalitaire qui doit contrôler tous les aspects de la vie dans ses moindres petits détails et qui ne peut tolérer que la cité musulmane ne soit pas régie par la loi d’Allah?

    On dit que la cité est aux hommes et que la religion est à Dieu. Pourquoi ce qui était possible dans certaines sociétés musulmanes il y a une trentaine d’années ne l’est-il plus maintenant?

    En reprenant son pouvoir total sur ses fidèles, l’islam les a tellement conditionnés mentalement et fanatisés qu’il en a fait les gardiens de leur propre prison et les brigadistes de la vertu musulmane.

    Le terroriste tunisien jamais repenti Rached Ghannouchi disait que l’islam de ses parents n’étaient pas l’islam. Il sous-entendait clairement qu’ils n’étaient pas des vrais musulmans.

    Ce qui explique certainement ce climat où l’on ne regardait pas l’autre à travers le prisme religieux, tolérant, permissif, non-intrusif et pacifié qui prédominait dans certaines sociétés musulmanes où un pratiquant pouvait rejoindre à la fin de sa prière ses amis au bar du coin.

    C’était un islam syncrétique qui composait avec son époque.

    Un islam qui n’en était pas un, où tout le monde avait sa place et où le Ramadan n’était pas un Goulag pour les non-jeûneurs.

    Salem Benammar

     

    P.S.: Je laisse la responsabilité de ses dires à l'auteur (NDLR)

  • En matière d’immigration, le Japon montre l’exemple

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    Image générée par I.AI et réalisée par moi

    Le Japon fait face à une crise démographique: faiblesse du taux de fécondité (1,15 enfant par femme), diminution de la population, pénuries de main d’oeuvre. Pour y remédier, le Japon a assoupli ses politiques d’immigration, pour attirer davantage de travailleurs étrangers.

    La communauté kurde turque s’est installée au Japon depuis les années 1990. Mais certains résidents kurdes sont associés à une forte criminalité, avec un taux de criminalité 38 fois supérieur à celui des locaux. Des tensions existent dans la ville de Kawaguchi, près de Tokyo. Cela a conduit à une montée de la xénophobie, de discours de haine en ligne, à des appels à l’expulsion de cette communauté.

    Le gouvernement, sous la direction du Premier ministre Shigeru Ishiba, insiste sur une intégration stricte et le respect des lois japonaises. Shigeru Ishiba, connu pour ses positions conservatrices, veut préserver la sécurité nationale et l’identité japonaise. Il veut que les étrangers se conforment aux règles, il veut maintenir l’ordre social, et répondre aux préoccupations de certains citoyens face à l’immigration. Il s’exprime ainsi:

    "Nous ne pouvons pas coexister avec des étrangers qui ne respectent pas les règles. Il est de la responsabilité du Japon de veiller à ce que ces personnes ne soient pas autorisées à rester au Japon".

    Sur X, des utilisateurs réagissent à cette déclaration. Certains approuvent une ligne dure sur l’immigration, manifestent une forme d’admiration: " Quelle chance ils ont les Japonais". D’autres y voient une forme de xénophobie ou de discrimination, interprètent cela comme une politique visant à expulser des groupes spécifiques comme les Arabes ou les Africains.

    En France, depuis plusieurs décennies, et suite à une politique effrénée d’immigration, nous subissons les mêmes problèmes, mais beaucoup plus graves parce que démultipliés.

    La remise en cause, l’abaissement de la culture occidentale face à la glorification de la culture musulmane est un aspect de l’Islam conquérant.

    L’Islam refuse les valeurs occidentales fondamentales: la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, valeurs déjà bien rongées par l’Occident lui-même, il faut le reconnaître. L’Islam transfigure la Démocratie.

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  • De l’abolition des privilèges à l’extension des privilèges

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    La nuit du 4 Août 1789, sur proposition du vicomte de Noailles, un seigneur ruiné, et du duc d’Aiguillon, au milieu de l’enthousiasme, l’Assemblée vote l’abolition de tous les privilèges. Un député du Tiers dit: "C’était à qui offrirait, donnerait, remettrait aux pieds de la nation". Les députés votent:

    la suppression des droits féodaux tels que les corvées, les justices, les droits de chasse,

    le rachat des banalités et autres redevances seigneuriales,

    l’abolition des dîmes, des jurandes et des maîtrises, de la vénalité des offices,

    l’abolition des privilèges des provinces, des villes et des individus,

    l’établissement d’une justice gratuite,

    l’admissibilité de tous à tous les emplois et dignités ecclésiastiques, civils et militaires.

    Les nobles renoncent aux justices seigneuriales, aux droits de chasse, aux banalités.

    Les prêtres abandonnent leurs dîmes et leurs casuels.

    Les pays d’états sacrifient leurs assemblées et leurs prérogatives financières.

    Les villes repoussent leurs franchises et leurs corporations.

    Les magistrats rejettent la vénalité de leurs offices.

    C’était décréter l’égalité absolue des Français devant la loi.

    Les nobles, imbus des projets de Locke et de Montesquieu, de l’utopie de Rousseau, devaient passer de la théorie aux actes, c’est-à-dire sacrifier les privilèges sur l’autel de la "nation". Toutefois, l’enthousiasme a été moindre, y compris pour les députés francs-maçons. Il a donc fallu que les "Supérieurs Inconnus" les contraigne, par des moyens quelque peu terroristes.

    On ne peut pas être des Lumières et ne pas abolir les privilèges. La civilisation nouvelle est égalitaire, donc sans privilégiés. Les individus égaux doivent être réunis dans un Contrat social dans lequel chacun renonce à sa différence. Or, les privilèges sont une survivance du droit féodal. Pour obtenir le consentement des députés, il faut dénoncer le "Moyen Âge".

    Mais culturellement, il n’y a pas de "Moyen Âge". L’Encyclopédie a inventé une Renaissance " lumineuse " qui mettrait fin à un Moyen Âge "obscur".

    Dans son ouvrage "Le Moyen Âge, une imposture ", Jacques Heers, historien français (1924-2013), décrit les beuveries et discours de la nuit du 4 Août. Il fallait des députés saouls de vin et de mots creux pour leur faire avaler le Moyen Âge.

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