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L’Égalité norme supérieure et danger mortel pour l’Occident

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Jean-Louis Harouel, professeur de droit émérite de l’université Panthéon-Assas, déclare: " Une destruction progressive des nations d’Europe se perpètre au nom de l’égalité". Je reprends ici la thèse de Jean-Louis Harouel.

Les déclarations de droits de la fin du XVIIIe siècle, ont érigé l’égalité en norme supérieure. Dans notre monde né de la Révolution, l’inégalité, c’est le mal, on éprouve une phobie de l’inégalité, l’égalité, c’est le bien, on voue à l’égalité un culte inconditionnel. L’égalité fait l’objet d’une religiosité sécularisée. La ferveur pour l’égalité se rattache au règne de la religion de l’humanité.

La religion de l’humanité, issue de deux hérésies, le millénarisme et la gnose, est une religion de l’égalité. Le millénarisme est la croyance que le Christ va revenir fonder sur la terre un royaume paradisiaque pour mille ans, un royaume de bonheur parfaitement égalitaire grâce au communisme. La réalisation de l’égalité sur terre constitue une priorité. D’où une action révolutionnaire d’inspiration communiste.

La gnose est la connaissance des mystères de la religion, des mystères des cultes cosmiques, réservée à des initiés. La gnose croit en l’unité première du monde. Tout est sorti par émanations successives de l’unité divine primordiale. La gnose postule que les âmes des gnostiques sont des parcelles de la lumière divine, identiques et interchangeables. Cette croyance mène à l’idée d’une parfaite identité et interchangeabilité de tous les humains. Cela est renforcé par la croyance en la métempsychose, la réincarnation dans un corps aléatoire. Conséquences. L’abolition de la différence entre les sexes. L’idéologie "mêmiste", l’idéologie du "tous pareils". Le refus de toute distinction entre les humains, entre les humains et les animaux, les végétaux, les rochers, la planète même. L’obsession d’égalité est fille de ces hérésies falsificatrices du christianisme.

La religion de l’humanité pense que l’histoire serait l’évolution de l’humanité vers une ère radieuse de bonheur éperdu. L’utopie d’un salut collectif terrestre se substitue à l’espérance d’un salut individuel céleste.

Pour Alain Renaut, philosophe, les hiérarchies anciennes, fondées sur les différences naturelles et irréductibles, " sont devenues obsolètes". L’égalité a détruit l’autorité au sein des sociétés occidentales. La poursuite de l’égalité remplace la recherche de l’intérêt général, du bien commun. Tout ramener à l’égalité fait basculer la société dans le totalitarisme.

Un monde où l’idée du bien se confond avec la quête de l’égalité est un monde imaginaire qui ignore la complexité du réel. Un monde obligé d’exercer une contrainte de tous les instants. Dans ce monde, les gouvernants, les administrateurs, les juges ne prennent en compte que l’égalité et non pas le bien réel de la société. La domination de cette classe de gardiens de l’égalité engendre la tyrannie et la violence. Une Nomenklatura occidentale développe un pouvoir de punir, de sanctionner, jusqu’à la mort, comme c’était le cas dans le monde communiste.

La volonté d’instaurer une parfaite égalité est le moteur du communisme et d’une politique de coercition totale fondée sur l’usage de la violence. Violence déjà présente dans le millénarisme révolutionnaire, prétendant rétablir une égalité primitive, car l’origine du mal ne se trouve pas dans l’homme, comme l’enseigne la Bible, mais dans l’inégalité sociale. La révolte contre les puissants et la spoliation des riches, l’instauration de l’égalité par le communisme, doivent apporter aux pauvres le bien-être, la richesse collective et le pouvoir. Les exemples de ces soulèvements abondent au cours de l’histoire: les encapuchonnés du Puy au XIIe siècle, les lollards, paysans anglais au XIVe siècle, les Taborites de Bohême au XVe siècle, les anabaptistes de Thomas Müntzer en Thuringe au XVIe siècle, le communisme en URSS avec Lénine puis Staline, en Chine avec Mao Tsé Toung, au Cambodge avec Pol Pot au XXe siècle. Toutes ces expériences se terminent dans la violence, les crimes de masse, l’enfer totalitaire: confiscation des biens, interdiction de la propriété privée, et de la libre activité économique, collectivisation des moyens de production. Les crimes du communisme sont des crimes de l’égalité. La recherche frénétique de l’égalité aboutit à son contraire.

L’égalité est responsable de la social-démocratie, forme atténuée de socialisme, qui brise le ressort économique d’un pays, qui débouche sur le chômage et l’inflation. L’égalité est responsable du saccage de l’enseignement: effondrement de l’école actuelle sous l’obsession d’égalité de l’idéologie pédagogiste. L’égalité est responsable du droits-de-l’hommisme et du wokisme, et par conséquence de la disparition programmée des peuples occidentaux. L’égalité est responsable de l’idéologie du genre, qui déconstruit une réalité sociale biologique et donc objective pour une soi-disant égalité plus grande. L’égalité produit le dogme mensonger de l’égalité des civilisations et du Tout culturel, donc la mort de LA civilisation et la mort de LA culture. Dogme qui vient de l’anthropologie et du relativisme.

Dans La Crise de l’esprit 1919, Paul Valéry (1871-1845), adressait une mise en garde aux Européens: "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles". Le délire d’égalité, les malfaisances de l’égalité peuvent entraîner les pays européens dans "l’abîme de l’histoire".

Dans le monde pré-industriel, la faiblesse de la production de richesses engendrait le bas niveau de vie de la population. Dans une société pauvre, l’inégalité permettait à une étroite minorité d’échapper à la pauvreté générale, mais ne créait pas de pauvres. Il n’y a pas de lien entre inégalité et bas niveaux de vie. Les inégalités expliquent la présence d’une poignée de riches qui dominent la société.

Seules des catastrophes démographiques faisant disparaître une grande partie de la population pouvaient améliorer de manière clairement perceptible le niveau de vie populaire ; la fatalité de la pauvreté pouvait être écartée par un désastre démographique, par exemple la peste noire au milieu du XIVe siècle. La pauvreté millénaire du plus grand nombre était inhérente au sous-développement, non à l’inégalité. La démographie tenait un rôle majeur dans la précarité alimentaire populaire. Le non-développement était un fléau sanitaire. L’augmentation du nombre des humains butait sur le plafond des productions agricoles, diminuaient les rations individuelles, et entraînait famines et grandes mortalités.

Par contre, prendre aux riches pour donner aux pauvres ne permet pas une élévation du niveau de vie de la population. Dès lors que le volume de la production reste identique, et que le nombre d’êtres humains stagne à un niveau élevé, la spoliation des riches n’enrichit pas les pauvres. Le dépouillement des riches n’élève pas le niveau de vie d’une population. Jean Fourastié, économiste français (1907-1990), montre que le problème de la pauvreté ne peut être résolu en détruisant l’inégalité. Dans son conte philosophique, L’Homme aux quarante écus, Voltaire avait souligné le caractère mythique de l’idée d’un enrichissement du peuple par une redistribution égalisatrice.

Au cours des deux derniers siècles, une partie de l’humanité a réussi à s’extraire de la pauvreté grâce à un processus de progrès technique et de développement économique, et très secondairement grâce à des politiques égalitaires. La malédiction de la pauvreté, les inégalités ont été finalement vaincues ou réduites par le développement. Les populations concernées ont accédé à l’abondance.

Aujourd’hui, se profile une tendance l’appauvrissement des nations occidentales. Ce n’est pas un effet de l’inégalité. L’inégalité est innocente du retour de la pauvreté en Occident. La dégradation du niveau de vie, la paupérisation résultent d’un certain déclassement économique. L’égalité libre-échangiste s’inscrit dans le registre des malfaisances de l’égalité et engendre la régression de l’Occident: délocalisation de la production, saccage de l’emploi, glissement d’une grande partie des chômeurs vers l’assistanat, exode de nombreux jeunes Français. L’économie nationale ne produit plus assez de richesses, la main-d'œuvre française n’est pas suffisamment employée par le patronat, d’où la détresse des uns, l’appauvrissement d’une portion croissante de la population.

L’inégalité est aggravée par l’obsession égalitaire qui inspire tout le système de redistribution, financé par des prélèvements fiscaux et sociaux, dont le poids accablant a pour effet de déprimer encore davantage l’économie. Il n’en reste pas moins que la fortune des milliardaires est indécente et intolérable.

Non seulement l’inégalité n’est pas responsable de la pauvreté, mais elle est un outil de civilisation. Nous devons aux inégalités du passé l’essentiel de notre patrimoine intellectuel et artistique. L’art et la culture nous viennent d’un passé pauvre et inégalitaire. L’art et la culture sont le produit des inégalités sociales du passé. Il y a un lien historique entre inégalités et civilisation. L’existence de fortes inégalités sociales a rendu possible la présence de civilisations brillantes.

Les inégalités du passé constituent le terreau du progrès scientifique et technique.

Plus encore, il y a une nécessité historique de l’inégalité pour l’activité intellectuelle et artistique.

Gracchus Babeuf (1760-1797), chef de la Conspiration des Égaux, et ses amis revendiquent "l’égalité réelle". Ils veulent une identité parfaite des conditions de vie au sein de la population. Ils s’imaginent que l’égalité par le communisme peut fournir le bonheur au genre humain. L’égalité va faire mourir les arts, et ils acceptent cet effondrement de civilisation: " Périssent, s’il le faut, tous les arts, pourvu qu’il nous reste l’égalité réelle ", proclame Sylvain Maréchal dans le Manifeste des Égaux, rédigé en 1796.

Victor Hugo notait en 1847 que si une révolution jetait bas les inégalités et la fortune des riches, il en résulterait le néant, c’est-à-dire une profonde régression dans tous les domaines, économie, culture, civilisation. Il mesure l’ampleur des dangers de l’égalitarisme. Aujourd’hui, l’art est partout, mais en réalité nulle part.

En effet, l’égalité a généré sa propre perversion, l’égalitarisme. L’égalitarisme annihile l’aspect devoir de l’égalité pour ne retenir que sa composante droits. L’égalitarisme en vient à nier les différences inscrites dans notre nature biologique. L’égalitarisme pervertit les idéaux de l’égalité. L’égalité réelle pour tous procède de la tyrannie socialiste. L’idéologie socialiste totalitaire use toujours de la rhétorique de l’égalité et du bonheur des hommes. Elle promet un avenir radieux pour tous. Religion de l’égalité réelle, culte de l’égalité pour les peuples: l’inspiration soviétique est très puissante.

Les adeptes de l’égalité réelle haïssent les héritiers, font table rase du passé, exigent la mixité sociale, mais se gardent bien d’appliquer ces préceptes à eux-mêmes et à leurs enfants. Les oligarques en profitent, issus des milieux politiques, médiatiques, artistiques, universitaires.

L’égalité réelle fait naître les plus grandes inégalités. Hypocrisie et cynisme sont les deux mamelles du socialisme inégalitaire et totalitaire. Coluche l’avait bien compris: " Il y en a qui sont toujours plus égaux que les autres".

De plus, les chemins de l’égalitarisme pour tous mènent à la perte des libertés de chacun. L‘homme assisté est sous le contrôle idéologique de l’État socialiste. L’égalitarisme fixe les différences sociales pour l’éternité, maintient à leur condition les classes de "la France d’en bas" ou des "sans-dents".

Derrière la revendication égalitaire, il y a l’envie. Et le ressort de l’envie est la haine. La revendication égalitaire est une passion envieuse et haineuse. L’envie et l’exigence d’égalité qu’elle sous-tend sont des choses laides.

Mais l’envie peut être féconde si elle incite à faire aussi bien ou mieux que l’autre, et non à lui prendre ce qu’il possède. Un désir d’égalité invite à se hisser au niveau de l’autre. Alors l’envie permet l’émulation, la passion d’égalité stimule, c’est la méritocratie.

La seule exigence légitime d’égalité, c’est la liberté et la sécurité pour tous les membres de la société. L’égalité résulte de l’existence de la sécurité pour tous, d’où une société de confiance et de tranquillité.

Le peuple se trouve en face d’une nouvelle entreprise totalitaire. Une entreprise d’usurpation vise à imposer au peuple une autre constitution anthropologique, une autre constitution politique.

Comme dans toute idéologie, il y a une volonté arbitraire d’indépendance absolue. Dans "Les Démons " de Fiodor Dostoïevski, l’idéologue donne pour toujours la forme achevée de cette volonté d’indépendance: " Je commence avec la liberté absolue et j’aboutis à la dictature parfaite". C’est la logique totalitaire, partout et toujours, qui produit le même résultat, le despotisme. Car il s’agit de transformer le Peuple en une Communauté de transgression, menée à la baguette par une secte d’idéologues.

Ce que les idéologues nomment "égalité ", ce n’est pas la justice, dont ils se moquent. L’égalité, c’est une sorte de religion, c’est une communion transgressive entre dévots de la liberté absolue.

Cette communion se réalise toujours par une action politique, symbolique et sacramentelle, rituelle, consacrée.

De notre temps, un parti-secte a décidé plusieurs actions: l’abolition du couple et de la famille, l’assassinat de la classe moyenne, le renversement de l’autel catholique, la suppression de la propriété privée, l’élimination de la race blanche, le suicide collectif.

Ce parti-secte totalitaire manipule et annule la démocratie, domine l’État. L’État absorbe la société. Toute opposition est broyée.

La raison, investie et pervertie par l’idéologie, devient le cœur du problème et le fondement même du totalitarisme. La raison devient folle et s’endort, "engendrant des monstres".

Puisque désormais le peuple pense comme les idéologues, il n’est plus nécessaire qu’il pense. L’important est qu’il communie, qu’il échange, qu’il partage dans notre Égalité de transgression.

Selon Alexis de Tocqueville, "le désir d’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande". La revendication égalitaire est une passion laide, fondée sur l’envie et la haine, une passion souvent malfaisante et dangereuse, une passion incapable d’être satisfaite.

Les nations occidentales vouent un culte inconditionnel à cette passion d’égalité. Elles considèrent l’égalité comme un modèle. En réalité, l’égalité est pour l’Occident un danger mortel.

Léon Daudet, écrivain français (1867-1942): "L’égalité, n’en parlons pas, car elle n’existe ni n’existera jamais dans la nature physique, ni dans la nature humaine, où tout repose sur la diversité et la hiérarchie. L’égalité, c’est le néant".

Jules Boucher, écrivain franc-maçon (1902-1955): "Égalité? La Maçonnerie est la négation même de l’Égalité. Ses grades, sa hiérarchie rappellent constamment au maçon que l’Égalité est un mythe".

Jean Saunier

 

P.S.: Je laisse la responsabilité de ses dires à l'auteur (NDLR)

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