Le National-Socialisme et ses éléments irrationnels (28/02/2025)
Après l’armistice de 1918, une série de traités sont signés entre les vainqueurs et les vaincus. La carte de l’Europe sort profondément modifiée du conflit. L’Allemagne subit d’importantes pertes:
68 000 km2 et 8 millions d’habitants, l’Alsace-Lorraine restituée à la France, de petits territoires cédés à la Belgique, une partie de la Silésie attribuée à la Pologne et le Slesvig du Nord au Danemark.
Afin de donner à la Pologne un accès à la mer, on crée le corridor de Dantzig qui sépare la Prusse orientale de la Poméranie, du reste de l’Allemagne. L’Allemagne perd toutes ses colonies, redistribuées par la SDN aux vainqueurs. Sa puissance militaire est anéantie.
La République de Weimar va durer de 1919 à 1933. Elle a pour premier président le socialiste Ebert, mort en 1925.
Le vieux maréchal Hindenburg lui succède, est réélu en 1932. Le régime connaît quatorze ministères. Dans ce contexte politique, intervient Adolf Hitler, littéralement porté au pouvoir par la crise économique.
Le 30 janvier 1933, le président Hindenburg nomme Hitler chancelier. Son programme, exposé dans Mein Kampf, est connu du monde entier. Voici les grandes lignes de ce programme.
Au cœur de sa vision du monde, se trouve que l’idée de race explique tout, les événements historiques, la forme des Etats, leur culture. Parmi les races, l’une est supérieure aux autres, la race aryenne. Avant Hitler, ce terme désignait la famille des langues dites indo-européennes.
A l’intérieur de cette race, la première place revient aux Allemands, faits pour être les maîtres du monde. Il leur fait donc créer au centre du monde un noyau solide, une sorte de forteresse à partir de laquelle ils pourront se lancer à la conquête de la planète. Les races inférieures devront obéir ou disparaître.
Les Juifs représentent la contre-race par excellence, qui s’est donné pour objectif l’anéantissement de la race aryenne. Ils doivent donc être éliminés.
Une nouvelle période de gloire s’ouvre pour le peuple allemand, s’il sait redevenir une communauté guerrière. Il y parviendra en se débarrassant du libéralisme, de l’individualisme et de la démocratie, en se donnant un gouvernement fort, à la tête duquel se trouvera un Führer, un guide inspiré.
Les bases de cette renaissance une fois posées, l’Allemagne pourra s’atteler aux tâches extérieures qui l’attendent. La plus importante est la conquête de l’Espace Vital, car l’avenir biologique du peuple allemand ne peut s’accomplir que par une expansion territoriale. Une telle politique nécessitera une guerre sanglante. Mais la guerre est la raison d’être, la justification suprême du nazisme. En effet, la philosophie de Hitler tient tout entière dans les trois sommaires propositions formulées dans Mein Kampf:
"Le combat est le père de toutes choses.
La vertu est une question de sang.
Le principe du Führer est premier et décisif" .
Les puissances européennes sont persuadées que ce programme n’est que propagande et qu’une fois au pouvoir, le petit Autrichien s’assagira. Elles restent passives.
En 1933, lorsque la République de Weimar s’écroule, il existe en Allemagne de nombreuses sociétés secrètes, dont une grande partie ont été fondées après la défaite de1918: l’Ordre des Allemands, le Marteau de Wotan, les Chevaliers du Saint-Graal, les Frères des Nibelungen, l’Ordre de la Foi allemande, Parzival, La Société du Vril, l’Organisation Rossbach …
Ces groupes ont quasiment le même programme: rendre à l’Allemagne sa place dans le monde, expulser les Juifs et les francs-maçons, réduire à néant l’influence du catholicisme, défendre la pureté de la race.
La Société de Thulé, dite Thule Gesellschaft, est la plus importante de ces sociétés secrètes, par l’influence qu’elle exercera. Le thème de Thulé est emprunté aux mythologies.
Diodore de Sicile, historien grec du premier siècle avant notre ère, compila une histoire universelle sous le titre de Bibliothèque historique. L’île du soleil qui y est décrite est Thulé. On y pratique l’euthanasie et l’eugénisme, comme chez Campanella, comme dans l’Etat nazi, comme sous le mondialisme.
Voici un extrait:
"Les emplois sont partagés; les uns vont à la chasse, les autres se livrent à quelques métiers mécaniques; d’autres s’occupent d’autres travaux utiles; enfin, à l’exception des vieillards, ils exercent tous, alternativement et pendant un certain temps, les fonctions publiques …
La manière de vivre des habitants est soumise à des règles fixes, on ne sert pas tous les jours le même repas".
"Une loi sévère condamne à mourir tous ceux qui sont contrefaits ou estropiés … Lorsque les habitants sont arrivés à l’âge indiqué, ils se donnent volontairement la mort par un procédé particulier … Le mariage n’est point en usage parmi eux; les femmes et les enfants sont entretenus et élevés à frais communs et avec une égale affection. Les enfants encore à la mamelle sont souvent changés de nourrices, afin que les mères ne reconnaissent pas ceux qui leur appartiennent. Comme il ne peut y avoir ni jalousie, ni ambition, les habitants vivent entre eux dans la plus parfaite harmonie.
Dans les fêtes et les grandes solennités, ils récitent et chantent des hymnes et des louanges en l’honneur des dieux, et particulièrement en l’honneur du Soleil auquel ils ont consacré leurs îles et leurs personnes".
Caius Julius Solinus, géographe latin, présente l’île de Thulé dans son Polyhistor, composé vers l’an 230 de notre ère. Dans cette oasis, aurait été préservée la civilisation de l’Age d’Or.
"Les Orcades sont séparées de Thulé par cinq jours et cinq nuits de navigation. Mais Thulé bénéficie d’abondantes récoltes de fruits. Ceux qui y habitent, au début du printemps, se nourrissent du fourrage avec les animaux, puis de lait; ils mettent en réserve les fruits des arbres en prévision de l’hiver; LES FEMMES SONT EN COMMUN, AUCUN D’EUX N’AYANT D’UNION STABLE".
Les Toltèques venus du Nord, ancêtres des Aztèques, s’installent au IXe siècle en Amérique centrale. Ils ont pour dieu Quetzalcoatl, le "serpent à plumes", auquel s’oppose le dieu mauvais Tezcatlipoca. Quetzalcoatl et son peuple sont chassés de l’île d’Aztlan où ils vivaient heureux, pour avoir refusé d’obéir à trois mauvais démons.
"On raconte maintenant comment Quetzalcoatl s’en alla: c’était quand il n’obéissait pas aux démons pour s’acquitter en vies humaines, pour faire des sacrifices humains. Alors les démons tinrent conseil: ils s’appelaient Tezcatlipoca, Thuimecatl, Toltecatl; ils dirent: "il faut qu’il quitte la ville, et nous y habiterons".
Ils dirent: "Faisons du pulque (une boisson alcoolisée) pour le lui faire boire et lui faire perdre la raison, de sorte qu’il ne pratique plus la religion".
A la demande de leur dieu, les Toltèques l’enfermèrent dans un coffre de pierre.
"Et il resta couché quatre jours seulement dans la caisse de pierre et, venant à se sentir mal, il dit à ses serviteurs: " C’est fini, chers serviteurs, allons-nous-en, cachez, enfermez partout ce que nous avions découvert, joies et richesses, tous nos biens, toutes nos possessions". Et les serviteurs agirent ainsi … "
Les Toltèques se réfugièrent alors à Tula.
"Ensuite, ils allèrent pour habiter, et ils y habitèrent, au bord d’une rivière, à Xicocotitlan, qui maintenant s’appelle Tula", capitale de l’Etat Toltèque, au Nord de Mexico.
Au centre ce cette ville, ils élevèrent le Coatepantli, sorte de grande pyramide ornée de serpents sculptés. Quetzalcoatl aurait vécu au Xe siècle et présente toutes les caractéristiques du Dieu civilisateur.
"Les chroniqueurs rapportent qu’il avait dérobé le maïs au royaume des morts pour le donner aux hommes … Il est aussi l’inventeur du calendrier, de l’astronomie, ainsi qu’il se doit pour une divinité agraire, et inventa l’écriture, la médecine, et les rites … Entité aussi rayonnante et civilisatrice que celle incarnée par l’image du Christ dans les sociétés occidentales … il réunit tous les pouvoirs, y ajoute la miséricorde et l’humanité".
Toujours selon les traditions toltèques, Quetzalcoatl partit vers le soleil levant en annonçant son prochain retour sous la forme d’un homme blanc. Ce mythe aida fortement Cortès pour s’imposer aux premières tribus qu’il rencontra. Sous cette apparence humaine, il portait le nom de Chat Moll, "celui qui s’en est allé et reviendra un jour pour régner de nouveau".
Nous retrouvons ici le schéma connu du conflit opposant un "dieu civilisateur" symbolisé par le Serpent et un "dieu mauvais" représenté par trois assassins. On songe aux trois meurtriers d’Hiram. Le coffre dans lequel Seth enferme Osiris symbolise l’Arche.
Le retour de Quetzalcoatl devrait marquer le retour de la civilisation d’Aztlan, l’île du serpent. Dans le domaine indo-européen, selon Platon dans le Timée, Aztlan semble correspondre à l’Atlantide qui "s’abîma dans la mer et disparut". Dans le Critias, Platon rapporte que "les occupations guerrières y étaient communes aux hommes et aux femmes". En fait, l’Atlantide a servi de modèle à la République de Platon, dont Campanella s’est inspiré.
Le nom de Tula donné à la capitale toltèque évoque la Thulé gréco-latine, si importante dans l’idéologie nationale-socialiste. En 1924, les Indiens de Panama se révoltèrent, ils proclamèrent la " République de Tula " et choisirent comme emblème national un drapeau orné d’une croix gammée.
UNE TRADITION MESSIANIQUE UNIVERSELLE A POUR PROJET DE SOCIÉTÉ UN ÉTAT SACRAL DE TYPE COLLECTIVISTE.
Au procès de Nuremberg, Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme, juif converti au protestantisme, mais l’un n’empêche pas l’autre, déclara au sujet de Thulé:
"Le groupe Thulé? Mais tout est parti de là. L’enseignement secret que nous avons pu y puiser nous a davantage servi que les divisions de SA et de SS. Les hommes qui avaient fondé cette association étaient de véritables magiciens".
Parmi eux:
-Karl Haushofer (1869-1946), initié, élabora la théorie du Lebensraum, de l’espace vital. Une nation est florissante dans la mesure où elle s’agrandit aux dépens de ses voisins. "L’espace n’est pas seulement le véhicule de la puissance, il est la puissance".
-Dietrich Eckardt (1868-1923), journaliste et dramaturge, découvrit à Hitler la légende de Thulé, l’origine des peuples aryens et leurs liens avec les "intelligences venues du dehors". Il aurait révélé au futur dictateur qu’il était le "guide désigné pour l’Allemagne". Il lui aurait enseigné certains rites permettant d’entrer en rapports avec les forces occultes.
-Rudolf von Sebottendorf (1875-1945), de son vrai nom Rudolf Glauer, séjourna en Turquie, se lia d’amitié avec le baron von Sebottendorf qui l’adopta et lui légua sa fortune. Sous son influence, il fréquenta les sociétés secrètes et la maçonnerie turques. Dans un petit livre de 48 pages, il chante les louanges des grands initiés du passé qui conservent et transmettent les mystères de la Tradition primordiale.
On communiquait les rites pseudo-maçonniques aux cadres des organisations nazies, notamment aux SS, avant de leur confier toute responsabilité. Au cours d’une cérémonie initiatique, le futur SS reçoit l’insigne de son arme.
A ces pratiques, Himmler donne une forme très proche des rites secrets des anciens Germains. L’impétrant est enfermé quelques heures dans une petite cellule souterraine peinte en blanc. Sur le mur qui lui fait face, est tracé l’insigne runique (nordique) SS, que commente l’inscription: "Médite sur cet emblème, il est la clé de tout. Puis deux SS viennent le chercher et le conduisent dans la "salle des secrets" où lui est dévoilée la signification de certaines lettres runiques et de certains symboles. S’il persiste dans cette voie, on lui enlève sa veste d’uniforme. Il est introduit par ses deux guides dans le "Temple", en pantalons noirs et en chemise blanche.
Dans l’initiation maçonnique, le candidat au premier grade est placé d’abord dans le cabinet de réflexion, une pièce minuscule, peinte en noir, dont le mur porte un panneau symbolique surmonté du mot VITRIOL: initiales d’une devise Rose-Croix, Visite l’intérieur de la Terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.
Puis on lui bande les yeux et on le dévêt partiellement, on lui dénude le bras et l’épaule gauche, le genou et le pied droit. Il confirme sa décision de devenir franc-maçon. Il est introduit dans le "Temple". Les analogies initiation SS et initiation franc-maçon sont frappantes.
Le futur SS est attendu dans le "Temple" par le "Tribunal de l’Ordre noir", en uniforme de parade, sous les portraits de Hitler et du Grand Maître Himmler. Le président lui pose la dernière question: "Camarade, veux-tu aller plus loin dans le chemin de notre fraternité?" S’il répond affirmativement, les rites secrets commencent.
Les futurs cadres du nazisme sont alors soumis à des épreuves. La plus impressionnante consiste à énucléer un chat sans tuer l’animal. D’autres épreuves témoignent du syncrétisme caractérisant le groupe de Thulé: exercices logiques, exercices de respiration, épreuves sanglantes venues des confréries germaniques de guerriers.
A leur issue, le candidat est interrogé sur la philosophie occulte, sur la mythologie et l’histoire légendaire. Il doit réciter certains passages du Parzival de Wolfram von Eschenbach et du Nouveau Titurel d’Albrecht von Scharfenberg. Il doit être en mesure de commenter des épisodes obscurs de ces œuvres initiatiques. La séance est alors interrompue et le Tribunal délibère sur les mérites de l’impétrant.
Lorsque la cérémonie reprend, le président fait connaître le verdict; " Un Tel, au nom de l’Ordre, par le pouvoir que nous avons reçu par Adolf Hitler, notre Führer, par le mandement du Reichsführer SS Heinrich Himmler, pour l’Allemagne, pour la race et pour la plus grande gloire des Germains, nous te recevons au degré de … de l’Ordre intérieur de la SS. Viens et reçois de nos mains les insignes de ton nouveau grade".
Si les aptitudes du candidat sont jugées insuffisantes, il jure de garder un silence inviolable sur les secrets qui lui ont été révélés, et il est renvoyé à son unité.
Le nazisme est le résultat de forces économiques et politiques. Il est aussi et surtout l’irruption dans l’histoire d’éléments irrationnels que l’on aurait pu croire à jamais disparus.
Jean Saunier
P.S.: Je laisse la responsabilité de ses dires à l'auteur (NDLR)
08:19 | Tags : société, histoire, opinions | Lien permanent | Commentaires (0)