La théorie du genre pour en finir avec l’hétérosexualité (29/08/2025)
Pour le féminisme radical, un système peu visible et une idéologie peu visible oppriment les femmes au bénéfice des hommes. Gayle Rubin, militante américaine née en 1949, formule l’idée:
" Nous ne sommes pas seulement opprimées en tant que femmes, nous sommes opprimées par le fait de devoir être des femmes ou des hommes selon le cas. Mon sentiment personnel est que le mouvement féministe doit rêver à bien plus encore qu’à l’élimination de l’oppression des femmes. il doit rêver à l’élimination des sexualités obligatoires et des rôles de sexe.
Le rêve qui me semble le plus fascinant est celui d’une société androgyne et sans genre (mais pas sans sexe), où l’anatomie sexuelle n’aurait rien à voir avec qui l’on est, ce que l’on fait, ni avec qui on fait l’amour ".
L’idéologie du genre, c’est la potion magique obtenue en concassant tous les ingrédients au pilon dans un énorme mortier. Elle arrive à maturité dans les milieux féministes universitaires américains.
Judith Butler, philosophe et idéologue des politiques gays et lesbiennes, née en 1956, popularise l’idéologie du genre. Elle considère que les concepts de masculinité et de féminité sont des mythes imposés par la société, dans le but d’entretenir la "matrice hétérosexuelle" de domination de l’homme sur la femme.
Les notions d’homme et de femme n’ont de sens que dans le cadre de la "matrice hétérosexuelle".
LE COMBAT FEMINISTE VISE L’HETEROSEXUALISME.
Semer le trouble dans le genre pour le provoquer dans l’ordre de la sexualité.
Parachever le travail de dénaturalisation du genre d’abord, afin d’ouvrir un autre chantier, celui de la dénaturalisation de la sexualité.
Donner congé aux deux catégories, le sexe et le genre, qui fondent le primat du désir de l’autre sexe, non du même sexe.
Les deux protagonistes ordinaires, l’homme et la femme, s’aboliraient en tant qu’entités distinctes et ne seraient plus que des rôles dans lesquels se fondre à loisir.
Alors, toute la fiction de l’hétérosexualité s’éboulerait.
Avec Judith Butler, le genre propose de brouiller les catégories du masculin et du féminin.
La distinction entre le sexe et le genre " qui visait d’abord à réfuter l’idée de la biologie comme destin permet de soutenir que le genre est culturellement construit indépendamment de l’irréductibilité biologique qui semble attachée au sexe: c’est pourquoi le genre n’est ni la conséquence directe du sexe, ni aussi fixe que ce dernier ne le paraît ".
Les deux catégories du masculin et du féminin sont fondées en nature, pensées et vécues comme deux réalités distinctes. Elles nous enchaînent, nous limitent. Une fois le genre réduit à un fait de culture, ces significations doivent perdre leur caractère prescriptif, normatif.
Judith Butler ne pense pas que nous puissions sortir de "l’être genré". Nous sommes condamnés à la vie en société, et la société classe, fiche, surveille, punit. Mais le genre n’est qu’un rôle que nous jouons. Alors, il nous appartient d’en compliquer le jeu, de vriller, de percer les codes, de tordre les normes dont nous héritons, les mêler, les emmêler.
Jusqu’à présent, la société a été le grand metteur en scène. L’individu doit s’approprier "son" genre, "sa" sexualité, et ne plus les laisser dicter de l’extérieur. Le travail de démystification engagé par les études de genre doit avoir cet effet libérateur.
Notre identité sexuée et sexuelle est une pure construction. Alors, chacun doit pouvoir inventer sa propre identité, se délester de l’héritage civilisationnel du masculin et du féminin.
"La variabilité dans la construction de l’identité doit devenir une exigence tant méthodique que normative, pour ne pas dire un but politique".
Après avoir semé le trouble dans le genre, Judith Butler nous invite à le défaire. Défaire le genre prend ici la forme d’une injonction, d’un ordre. Notre destin n’est pas scellé par la nature, l’histoire n’est pas non plus notre code.
Le genre a soustrait le sujet à la nature, il doit encore le soustraire à la culture. Il s’agit de délier, de dégager, de délivrer l’individu de tout ordre naturel, d’affranchir les femmes et les hommes des normes dont ils ne sont pas les auteurs. Des normes transmises par des adultes complices du vieux monde. Des normes dans lesquelles ils se glissent docilement.
Pour que les identités sexuées et sexuelles prolifèrent, il faut que l’héritage perde son autorité, il faut démystifier, détromper cet héritage. Défaire le genre est aisé et joyeux, parce qu’aucun de nous n’est un homme ou une femme, nous jouons tous un rôle. Les rôles sexués, n’étant plus distribués par la nature, deviennent parfaitement interchangeables.
"Lorsqu’on théorise le genre comme une construction qui n’a rien à voir avec le sexe, le genre devient lui-même un artefact affranchi du biologique, ce qui implique que homme et masculin pourraient tout aussi bien désigner un corps masculin qu’un corps féminin, et femme et féminin un corps féminin ou masculin".
Judith Butler et ses adeptes exaltent la fluidité, l’accessibilité et la mobilité des identités.
"La perte des normes de genre aurait pour effet de faire proliférer les configurations de genre, de déstabiliser l’identité substantive et de priver les récits naturalisants de l’hétérosexualité obligatoire de leurs personnages principaux: l’homme et la femme".
Les normes, les habitudes, les mœurs, ne se laissent pas renverser aussi vite, mais le nouvel évangile se répand à grands pas. Cet évangile est diffusé à grande échelle et bénéficie de la complicité des voix les plus autorisées: universitaires, professeurs, journalistes subventionnés, jusqu’au président de la République Macron par ses actions.
Chaque individu, affranchi des formations de l’histoire, rendu à soi-même, devrait se découvrir une multiplicité de désirs, d’identités.
La civilisation, la société ne sont plus perçues comme le cadre de l’humanisation de l’homme, mais comme le lieu de son aliénation. Dans cette société, l’homme est rendu étranger à lui-même, à ses possibilités et aspirations les plus secrètes et intimes. Il n’est plus pour lui-même qu’un matériau.
En effet, le genre ambitionne de nous soustraire à un confinement dans une identité sexuée et sexuelle. Le travail de sape est commencé à l’école, dès la maternelle, avec la connivence des professeurs, conscients de la réalité ou non.
La dénaturalisation des identités et des sexualités doit rendre à chacun un ensemble de possibles que les récits naturalisants auraient étouffés. En bonne logique, il faudrait modifier les documents administratifs, la rubrique de l’identification à un sexe, ajouter la case neutre, admettre des réponses sujettes à révision permanente.
Telle est l’ambition de l’idéologie du genre: "Rien de moins que la reconstruction de la réalité, la reconstruction de l’humain".
L’idéologie du genre ne prétend pas simplement déconstruire le réel. Elle entend "subvertir" le langage pour renverser l’ordre de la société traditionnelle.
Pour déconstruire la réalité de l’espèce humaine fondée sur l’altérité sexuelle, homme et femme, pour imposer une séparation entre le sexe biologique d’un individu et son "sexe social", le mot "gender" est introduit en anglais.
Il est alors possible d’établir un nouveau système de valeurs fondé sur l’idée que chacun est libre de construire sa propre identité sexuelle, sans cesse interchangeable et réversible.
Les études de genre visent à comprendre les relations existantes entre "sexe biologique" et " sexe social ", c’est-à-dire le genre, à comprendre les rapports de force entre hommes et femmes dans la société de manière transversale et pluridisciplinaire, historique, sociologique, économique.
Le genre désigne en premier lieu le comportement d’un homme et d’une femme en lien avec leur sexe biologique: le genre masculin et le genre féminin.
Le genre peut être également défini comme un "rôle sexuel" ou rôle social, influencé par la société et exprimant un rapport de force entre hommes et femmes.
Enfin, le genre peut désigner l’identité d’un individu, socialement construite par l’environnement, fondée non plus sur le sexe biologique, mais sur la perception subjective que chacun a sa propre identité. Dans une telle acception, plus rien ne permet de distinguer un homme d’un genre féminin d’une femme, et une femme d’un genre masculin d’un homme.
Dans ces conditions, le genre entend nous délivrer de la norme de l’hétérosexualité. Judith Butler rappelle son premier objectif: " Le premier était d’exposer ce que je considérais être une forme envahissante d’hétérosexisme dans la théorie féministe ".
À ses yeux, les féministes restaient trop tributaires de la norme de l’hétérosexualité. Or, les homosexuels et les femmes sont également victimes du mâle blanc hétérosexuel. Ils forment des alliés objectifs dans ce combat. Haro sur le mâle blanc hétérosexuel, mais silence sur le mâle coloré hétérosexuel. Le Blanc est un monstre assoiffé de sexe, et lui seul.
La confusion des genres masculin et féminin, la dissolution de ces deux identités, l’homme et la femme, conduit à l’extinction du couple originaire et de la sexualité correspondante, l’hétérosexualité.
Plus d’Adam et Ève, et donc plus de désir fondé sur l’altérité. L’hétérosexualité est un pur conditionnement social, un conformisme, une obédience, une subordination à une norme édictée par la société. Elle se fait passer pour naturelle et donc élever au rang de norme.
L’individu se doit d’obéir à cette norme. Seule, la pression sociale nous porterait à désirer l’autre sexe. L’homme n’est pas naturellement porté vers la femme, et réciproquement. Ce n’est qu’une fiction entretenue par les siècles.
Les homosexuels, déjà affranchis de ce conformisme, font figure d’avant-garde de l’humanité. Nous avons été éduqués dans le mythe de l’hétérosexualité et nous prenons nos désirs pour des réalités, par exemple le désir que nous inspire l’autre sexe. Mais ce n’est là qu’illusion, la société se joue de nous. La société a étouffé nos véritables désirs. L’hétérosexualité n’est pas une loi naturelle, elle est la loi du plus fort, elle a étouffé toutes les autres sexualités.
Ainsi, le genre se lance dans une croisade contre le désir homosexuel. Pour les promoteurs du genre, l’homosexualité n’est pas moins naturelle que l’hétérosexualité. Ici, la nature est autorisée à faire son retour puisqu’elle vérifie le dogme.
Chacun de nous serait également porté à désirer le même et l’autre. Nous serions des transgenres qui s’ignorent, des bisexuels qui se méconnaissent.
Nous vivons un processus de ringardisation de l’hétérosexualité. Les réseaux sociaux persiflent, brocardent "l’hétérobeauf ".
Les cinéastes, les romanciers, les publicitaires, minent notre comportement naturel, pour que l’hétérosexualité exclusive vive ses derniers jours. Les journalistes saluent ce travail salvateur.
Dans des séries télévisées adulées, se multiplient les personnages homos, bi ou trans. Les chanteurs-chanteuses, acteurs-actrices, font leur coming out, c’est-à-dire annoncent leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Au cours de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à Paris en 2024, Macron, par l’intermédiaire de son metteur en scène, a célébré l’homosexualité.
Les jeunes s’identifient, s’assimilent à ces exemples. La société, l’école, le collège, le lycée, l’université, martèlent aux enfants et aux adolescents que l’hétérosexualité est une option parmi d’autres. Une option qu’ils peuvent tester, mais à laquelle il est bien ordinaire et bien triste de se cantonner, de se limiter. Une option plus importante que le français et les mathématiques.
On essaie de persuader, d’endoctriner la jeunesse. L’hétérosexualité n’est que construction sociale, soumission à une normativité discriminante.
La jeunesse est ainsi convaincue. Chacun est une sorte de Protée sexuel, c’est-à-dire une personne qui change constamment d’aspect, de sexualité, à l’image de Protée, divinité grecque marine capable de se transformer, de se métamorphoser à volonté. Alors, chacun peut attester sa " liberté " en s’essayant à toutes les sexualités. Chacun peut s’émanciper ou tenter de s’émanciper de l’hétérosexualité. Et les jeunes gens qui ne se livrent pas à ces expérimentations sont marginalisés et ont un complexe d’infériorité.
La reconnaissance officielle des droits des homosexuels à égalité avec ceux des hétérosexuels entraîne la destitution de la norme hétérosexuelle.
Judith Butler se moque de la comédie jouée par les hétérosexuels: " Une des dimensions essentielles de la comédie surgit lorsque vous vous retrouvez à adopter une position dont vous venez juste de dire qu’elle est impensable.
Toutes les sexualités sont comiques, dans la mesure où chacun s’engage à désirer tel individu et non tel autre, donnant à son désir un caractère exclusif, mais malgré tout, la comédie de l’hétérosexualité est de loin la plus irrésistible tant elle est improbable.
Le ressort est tendu à son maximum. Désirer l’autre que soi… Qui a pu concevoir une intrigue si fragile, une fable si extravagante, contraire à tout ce qui peut être pensé?
C’est une manière assez curieuse d’être au monde. Car enfin, comment se fait-il… que cet être polymorphe, ou du moins bisexuel, organise sa sexualité de manière à la centrer exclusivement sur les membres du sexe opposé et à avoir avec eux des relations sexuelles génitales? ".
Eric Fassin, sociologue français, professeur d’université, spécialiste des études de genre, né en 1959, écrit: À la faveur de "la politique de l’homosexualité… l’hétérosexualité apparaît pour ce qu’elle est: une norme sociale, et non un fait de nature".
Cette politique de l’homosexualité a engendré l’ouverture du mariage et l’ouverture de la filiation aux couples de même sexe. Alors, la cellule de base de la société cesse d’être formée d’un homme et d’une femme dont l’union est naturellement féconde.
Le couple hétérosexuel ne peut plus prétendre à une quelconque normativité. En dénaturalisant les identités sexuées et sexuelles, le genre entraîne une inversion de la question homosexuelle.
Éric Fassin précise: "On se demandait hier encore: comment peut-on être homosexuel? Aujourd’hui, on se pose de plus en plus la question inverse. Comment peut-on être homophobe?
En fait, Éric Fassin sait parfaitement que la question inverse est: Comment peut-on être hétérosexuel?
Mais pour lui, les termes sont interchangeables. L’hétérosexuel est par essence homophobe. Désormais, les hétérosexuels doivent rendre des comptes de leur sexualité.
Défaire le genre et l’hétérosexualité revient à détruire l’ordre naturel. Les progressistes s’attachent à ce renversement, au nom du progrès, au nom de l’égalité, au nom de la liberté.
L’école, le collège, le lycée, l’université, les médias, les séries télévisées, le cinéma, font "du bon boulot", comme a dit Laurent Fabius à propos du groupe djihadiste, le Front al-Nosra en Syrie. Peu à peu, les enfants, les adolescents, la jeunesse croient ce que des adultes sachants leur inculquent. Ils sont "éclairés", embrigadés, intoxiqués, catéchisés, et finalement convertis au genre et à l’homosexualité. La rentrée des classes approche, les professeurs vont continuer à enseigner le genre et à promouvoir l’éducation à la sexualité… Et les parents laissent faire.
La caste intellectuelle, politique et médiatique impose toutes sortes d’idéologies absurdes et non scientifiques: le genre, la vaccination, le climat… Et le peuple accepte.
Jean Saunier
09:18 | Tags : société, actualité, poliique | Lien permanent | Commentaires (0)